dimanche, 14 mai 2006
MAI
Le mai, le joli mai, en barque sur le Rhin,
Des dames regardaient du haut de la montagne,
Vous êtes si jolies, mais la barque s’éloigne,
Qui donc a fait pleurer les saules riverains ?
Or des vergers fleuris se figeaient en arrière,
Les pétales tombés des cerisiers de mai,
Sont les ongles de celle que j’ai tant aimée,
Les pétales flétris sont comme ses paupières.
Sur le chemin du bord du fleuve, lentement,
Un ours, un singe, un chien, menés par des tziganes,
Suivaient une roulotte traînée par un âne,
Tandis que s’éloignait dans les vignes rhénanes,
Sur un fifre lointain, un air de régiment.
Le mai, le joli mai, a paré les ruines,
De lierre, de vigne vierge, et de rosiers.
Le vent du Rhin secoue, sur le bord, les osiers,
Et les roseaux jaseurs, et les fleurs nues des vignes.
Guillaume APOLLINAIRE, Alcools, Gallimard (1913).
Guillaume APOLLINAIRE, par Marie LAURENCIN
Voici plusieurs analyses de ce poème lyrique qui évoque une rencontre impossible, métaphore du souvenir...
Ce poème se passe à la saison du printemps, saison du renouveau de la nature. Ce sentiment de gaieté contraste avec la tristesse et le malheur du poète. Un paradoxe est alors créé : on ne peut être malheureux dans un décor si beau et si gai. Les seuls moments où la nature apparaît avec tristesse, c’est à travers la subjectivité du poète. Dans son esprit, sa mélancolie atteint son entourage. Ce poème exprime le temps qui passe marqué par l’écoulement du fleuve, irréversible, tout comme sa relation qui ne peut revivre. Le poète est isolé avec sa mélancolie alors que la nature autour de lui continue de s’épanouir ; les vignes, les rosiers ont recouvert les ruines. Ce poème est en réalité tragique avec cette expression si forte de la nostalgie et la mélancolie. L'isolement du poète contraste avec la gaieté du printemps, son amour parti, le temps qui passe, la renaissance de la nature...
I – La métaphore du souvenir amoureux :
1) L’amour impossible :
— distance physique : haut/bas « en haut de la montagne », et éloignement « en barque sur le Rhin » ,«mais la barque s'éloigne»...
— opposition traduite par les homonymes « mai/mais » associés à « joli/jolies » (v. 1 et 3).
2) évocation de la femme aimée et perdue :
— manifestation du désir : « Vous êtes si jolies »;
— évocation lyrique « celle que j'ai tant aimée »;
— analogie avec les cerisiers : des pétales aux ongles et aux paupières de la femme aimée, Apollinaire associe à la femme les « cerisiers de mai ».
3) le processus du souvenir :
— écoulement temporel figuré par l’image du tsigane (image du quotidien, fuite de la gaîté);
— les ruines : marque du passé, embellies par le souvenir, reste seulement la fugacité de la parole « jaseurs ».
II – L’expression lyrique :
1) la fuite du temps :
— éloignement et mouvement vers l’arrière (2 occurrences du verbe s’éloigner) souligné par le contraste avec « se figeaient »,
— chute des pétales et suggestion de leur pourrissement,
— 3ème strophe : mouvement évoqué et inscrit dans le rythme des vers (énumération, enjambement, mouvement du solide et terrestre (« chemin ») à l’abstrait (« l’air »).
2) La nature anthropomorphe suggérant la mélancolie :
— image des saules qui pleurent,
— les pétales-paupières,
— les ruines habillées de végétation folle qui emprisonne les souvenirs,
— « fleurs nues » qui évoque l’érotisme,
— harmonie imitative (allitérations en [z]).
3) l’aimée :
— expression hyperbolique « si jolies »;
— des « dames » à « celle que j’ai tant aimée » : leur vision reconstruit le souvenir du poète;
— « ongles » et « paupières » deux métonymie de la femme confondues dans la métaphore des pétales; Apollinaire renouvelle l’allégorie de la femme aimée et de la fleur.
III – Une esthétique composite :
1) Un arrière-plan mythologique : le mythe d’Orphée sous-jacent : regard en arrière, disparition de l’aimée en pétales, les ruines suggérant la mort.
2) Une construction cubiste :
— plusieurs plans : « des dames »/ « la dame » ; plusieurs points de vues : le haut/le bas ; la barque/ les tsiganes;
— effet de simultanéité : « or » « tandis que »;
— effet de répétitions.
Et une autre analyse...
17 vers, souvent des alexandrins, mais pas toujours, répartis en 4 strophes, la troisième comptant 5 vers au lieu de 4 ; les rimes sont embrassées.
Comme souvent chez Apollinaire, à première lecture, les thèmes abordés dans chacune des strophes semblent plus relever de la rêverie que d'un souci de cohérence du propos. Cependant, cette apparence de poème improvisé au fil du songe, privilégiant ainsi la beauté des images et la musicalité du texte, s'estompe à la relecture et à l'analyse.
Plan :
1ère strophe : Une promenade en barque sur le Rhin.
2ème strophe : Le souvenir de la bien-aimée.
3ème strophe : Tableau descriptif d'une troupe de tziganes le long du fleuve.
4ème strophe : Évocation d'un paysage romantique.
La première strophe : une chanson...
Le mai, le joli mai, en barque sur le Rhin,
Des dames regardaient du haut de la montagne,
Vous êtes si jolies, mais la barque s'éloigne,
Qui donc a fait pleurer les saules riverains ?
"le mai le joli mai" : presque banal, quasi prosaïque, naïf le début de ce premier vers. L'épithète "joli" est rassurante. Pas de bizarrerie ; c'est simple et familier comme une chanson traditionnelle. Le rythme confirme la ritournelle :
Le mai / le joli mai / en bar- / -que sur le Rhin /
Des da- / -mes regardaient / du haut / de la montagne /
Vous ê- / -tes si jolies / mais la bar- / -que s'éloigne /
Qui donc / a fait pleurer / les sau- / -les riverains /
Où l'on voit que dans cette première strophe, 7 hémistiches sur 8 reproduisent le rythme 1-2 / 1-2-3-4 /.
C'est donc une chanson traditionnelle qu'évoque le narrateur, tapi qu'il est dans le décompte rythmique des syllabes, et nous qui savons les chansons, nous reconnaissons ces "dames" du second vers, ces hanteuses des histoires en musique, témoins du temps, qui s'en vont ramassant, Parques étranges et familières, cousines ignorées.
Et, comme dans les chansons, on joue sur les mots : "le mai le joli mai" / "vous êtes si jolies mais". Musique ! Il faut chanter ! Et tant pis si la note est d'amertume dans l'allant de la mélodie :
Vous êtes si jolies, mais la barque s'éloigne...
Légère auto-dérision du poète qui mesure la distance qui s'accroît entre lui et les dames hautaines, puisqu'elles sont sur le "haut de la montagne". Si jolies, si jolies dames, signes du plaisir pris au printemps, au mois de mai, mais hélas aussi, figures de l'éloignement, visages fugaces du temps qui passe.
Le dernier vers de ce quatrain reprend la tonalité familièrement énigmatique des chansons traditionnelles :
Qui donc a fait pleurer les saules riverains ?
Michel Descotes dans son "Parcours de lecture" des Poèmes d'Apollinaire (Bertrand-Lacoste, 1992, p.67) note que "pour Apollinaire, quelle que soit la saison, l'expérience intime détermine le regard et, dès lors, la forme du poème porte la marque de cette vision subjective du monde extérieur, en même temps qu'elle la produit." (Michel Descotes). Ainsi, la vision des saules pleureurs est-elle, pour le narrateur, personnification de sa mélancolie, de son chagrin.
La deuxième strophe nous renseigne sur la cause de cette mélancolie...
Tout d'abord par une stupeur :
Or des vergers fleuris se figeaient en arrière
Puis par l'image, la comparaison :
Les pétales tombés des cerisiers de mai,
Sont les ongles de celle que j'ai tant aimée,
Les pétales flétris sont comme ses paupières...
L'évocation des signes du printemps rappelle au narrateur sa bien-aimée. C'est "verger fleuri", bien sûr, que femme en beauté, mais c'est aussi temps qui passe, épreuve du fugace et les "ongles" tombent comme "pétales" et comme "pétales" se "flétrissent les paupières". Le temps vieillit. Le temps éloigne. Le narrateur voit ainsi "celle qu'il a tant aimée" dans les signes du temps qui passe. Ne reste qu'une chanson et ses répétitions ("les pétales tombés" / "les pétales flétris"), et ses sonorités :
Or des vergers fleuris se figeaient en arrière,
Les pétales tombés des cerisiers de mai,
Le narrateur semble alors vouloir concentrer son attention sur le paysage rhénan et l'image de l'absente disparaît de la troisième strophe qui, plus longue d'un vers, marque une rupture avec les quatrains de la chanson que paraît composer le narrateur :
Sur le chemin du bord du fleuve lentement,
Un ours, un singe, un chien menés par des tziganes,
Suivaient une roulotte traînée par un âne,
Tandis que s'éloignait dans les vignes rhénanes,
Sur un fifre lointain un air de régiment.
Une seule phrase, lente et longue comme le cours du fleuve, comme "une roulotte traînée par un âne", une période dont le verbe principal occupe le centre (cf 3ème vers) et qui commence par un complément circonstanciel ("sur le chemin"), suivi d'un double complément de nom ("du bord du fleuve"). Un rythme lent installé, confirmé par le sens (cf l'adverbe "lentement"). En ce qui concerne les vers 2 et 3, je reprends ici la très claire analyse syntaxique de Michel Descotes (op. cit. p.72) : "trois sujets juxtaposés, annoncés par le même article indéfini un et qualifiés par un groupe adjectif verbal à la vois passive avec son complément d'agent menés par des tziganes. Au troisième vers, on retrouve pour le complément d'objet direct la même structure que pour les sujets : nom + adjectif verbal + complément d'agent." (Michel Descotes).
Les vers 4 et 5 sont introduits par la conjonction "tandis que" suivi du verbe de la subordonnée ("s'éloignait") séparé de son sujet ("un air de régiment") par deux compléments circonstanciels ("dans les vignes rhénanes", "sur un fifre lointain").
Ces cinq vers constituent un tableau soigneusement composé comme le montre tout d'abord la structure de la phrase marquée par des parallélismes de construction ; par exemple le vers 1 et le vers 5 de cette strophe :
Sur le chemin du bord du fleuve lentement (...)
Sur un fifre lointain un air de régiment.
En outre, chacun de ces cinq vers relève du champ lexical de l'éloignement, renforçant ainsi le sens du poème : "sur le chemin", "menés par", "traînée par", "s'éloignait", "lointain". L'évocation des nomades tziganes et la musique de régiment, ce fifre prémonitoire, suggèrent "l'idée d'un entraînement des êtres malgré eux" (Michel Descotes).
Mais si le narrateur avait voulu distraire sa mélancolie par un tableau pittoresque, il s'est trompé et, au contraire, dans la dernière strophe, le retour du motif du "joli mai" est marqué par une persistance de la tristesse qui semble contaminer toute chose :
Le mai, le joli mai, a paré les ruines
De lierre, de vigne vierge et de rosiers
Le vent du Rhin secoue sur le bord les osiers,
Et les roseaux jaseurs, et les fleurs nues des vignes.
La chanson, dès lors, relève plus du lied romantique que du chant populaire traditionnel. Le rythme du dernier vers du poème est l'exact inverse du rythme du premier :
Le mai / le joli mai / en bar- / -que sur le Rhin / (vers 1)
Et les roseaux / jaseurs / et les fleurs nues / des vignes / (vers 17)
Musique donc mais musique qui, sur le rythme régulier de la barque sur le fleuve, s'éloigne dans les échos des assonances et des allitérations :
- é : mai, paré les, rosiers, les osiers, et les, des,
- è + r : lierre, vierge,
- eur : jaseurs, fleurs,
- i : joli, ruines, lierre, vigne vierge, rosiers, osiers, vignes,
- o : joli, rosiers, osiers, roseaux,
- r : paré, ruines, lierre, vierge, rosiers, Rhin, bord, roseaux jaseurs, fleurs,
- v : vigne vierge, vent, vignes,
- z : rosiers, osiers, roseaux jaseurs.
Le travail très précis sur la musicalité du vers atteint son apogée dans cette dernière strophe et donne à l'ensemble du poème une cohérence rythmique et mélodique, l'apparentant ainsi à une chanson nostalgique de haute facture.
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samedi, 25 mars 2006
August STRINDBERG
La biographie de CarI Gustav Bjurstrom, “August Strindberg” in revue Obliques, 2e semestre 1975.August Strindberg est né le 22 janvier 1849 à Stockholm. Il eut, à en croire son roman autobiographique Le Fils de la Servante, une enfance douloureuse, pris entre un père taciturne et dur et une mère soumise, nerveuse, d'une religiosité à la fois extatique et puritaine, dans la promiscuité abrutissante d'un petit appartement de trois pièces où logeaient les parents, les sept enfants et les deux servantes. Sa mère mourut quand il avait treize ans; peu après son père se remaria avec la gouvernante. (…)
Plus que la tyrannie du père, la faiblesse de la mère ou le despotisme moralisateur de la marâtre, c'est la sensibilité presque pathologique de l'enfant qu'exprime ce livre, ses angoisses et ses hontes que personne dans son entourage ne semble avoir eu le souci d'apaiser. Aussi bien la marâtre que la mère appartenaient à une secte religieuse au christianisme exalté, inculquant à ses fidèles l'horreur du monde et la crainte du péché. L'esprit de Strindberg en fut profondément marqué. Un tempérament qui semble avoir été naturellement sensuel fut grâce à ces doctrines doublé d'un violent dégoût des sens et du corps. A la contrainte et la peur de la vie matérielle viennent s'ajouter l'obsession de la faute et la honte du «péché»: l’humiliation profonde qui en résulte à tôt fait de se transformer en révolte et en souffrance. (…)
Après avoir passé son baccalauréat en 1867, Strindberg s'inscrit à l'université d'Upsal mais doit, pour payer ses études, prendre des places de précepteur et fait même un remplacement dans son ancienne école, où il se retrouve avec horreur obligé de rabâcher les mêmes leçons qu'autrefois: peu lui importe que ce soit cette fois-ci en qualité d'enseignant. Ses études ne marchent pas fort: recalé à l'examen de chimie, il décide d'embrasser la carrière de comédien. Admis à «l'école des élèves» du Théâtre dramatique, il termine ce premier essai dans le trou du souffleur: son échec est si cuisant qu'il rêve de se suicider. Il aborde alors le théâtre par la voie qui sera la sienne et qui le mènera à la gloire. Tout en poursuivant des études de langues vivantes et d'esthétique à l'université d'Upsal il écrit ainsi ses premières pièces qui obtiennent un accueil étonnamment favorable. Une tragédie classique en vers, Hermione, obtient une mention de l'Académie suédoise et la petite pièce A Rome est montée au Théâtre Dramatique, la scène nationale, le 13 septembre 1870.
La critique fut bienveillante; elle le fut beaucoup moins pour la pièce suivante, le Banni. On est d'autant plus surpris de l'incompréhension totale qui accueillit en 1872 Maître Olof, où enfin son génie éclate: sans doute est-ce le ton absolument neuf, l'aspect moderne de cette pièce historique, aux répliques vives et percutantes qui rebutèrent les théâtres qui tous refusèrent la pièce. L'Académie à laquelle elle fut également soumise, ne ménagea pas ses critiques. Rien d'étonnant à ce que le jeune auteur se mît à douter de lui; il passa par des crises successives, renouvelant avec le même insuccès que deux ans auparavant sa tentative en vue de devenir comédien, quittant un journal pour se brouiller avec un autre, acceptant même quelque temps un poste de télégraphiste dans l'archipel de Stockholm, mais plongeant surtout dans la «bohème» de Stockholm qu'il devait plus tard décrire avec tant de brio dans son roman le Cabinet rouge. En 1874, il entra finalement à la Bibliothèque royale.
Même au milieu de ces désordres et de ces doutes, il n'abandonna jamais Maître Olof, conscient et, à juste titre, fier de la nouveauté de sa pièce. Patiemment il remit son ouvrage sur le métier. Une nouvelle version terminée en 1875 fut refusée. Une troisième version, cette fois en vers, terminée en mai 1876, le fut également. Ce n'est qu'au bout de neuf ans qu'il put enfin voir sa pièce portée à la scène.
Au printemps 1875 il avait fait la connaissance du baron CarI Gustaf Wrangel, capitaine à la garde, et de sa femme Siri von Essen: il devint bientôt un hôte journalier et un confident privilégié du ménage jusqu'au moment où atterré par l'évolution de ses sentiments à l'égard de la jeune femme, il décida de s'enfuir. A peine embarqué sur le bateau qui devait le conduire en France, il redescendit à terre et au printemps 1876 Siri von Essen et lui s'avouèrent mutuellement leur amour.
Le baron cependant reste un ami et un mari plein de compréhension. Strindberg et Siri von Essen sont déchirés entre la passion et la compassion, l'amour et la honte, le désir et le sublime. Mais la situation est intenable et le baron et la baronne divorcent. Le 30 décembre 1877 Siri von Essen épouse August Strindberg. Quelques jours plus tard naît une petite fille qui meurt après quelques heures. Le ménage commence bien mal. Strindberg est depuis quelque temps brouillé avec son père, la situation économique est désastreuse et Maître Olof est partout refusé. Les deux époux avaient pourtant formé de si beaux projets: elle allait enfin pouvoir se livrer à sa vocation de comédienne et lui allait écrire les pièces qu'elle créerait. Malheureusement il s'avère que la comédienne est médiocre et que l'écrivain manque d'inspiration. S'il écrit encore pour la scène c'est pour fournir des rôles à sa femme. La situation semble temporairement s'éclaircir avec le succès remporté en 1879 par son roman satirique le Cabinet rouge, qui entraîne la représentation d'un drame assez médiocre, le Secret de la guilde et finalement, le 30 décembre 1881, celle, tant attendue de Maître Olof. (…)
De 1883 à 1889 Strindberg vécut à l'étranger: exil volontaire qui l'avait longtemps hanté et qu'il partageait avec la plupart des artistes et écrivains scandinaves désireux non seulement de s'évader d'un milieu culturel étroit mais aussi de conquérir à l'étranger des titres de gloire susceptibles de fermer définitivement la bouche à la critique conservatrice et mesquine de leurs patries respectives. Ce fut pour Strindberg et sa famille six années de déplacements continuels durant lesquelles ils changèrent de résidence vingt-deux fois. C'est au cours de cette vie errante et éprouvante que le mariage d'August Strindberg et de Siri von Essen se détériore peu à peu. L'attitude prise par Strindberg en ce qui concerne le féminisme, qui n'est d'abord pour lui qu'un aspect d'un problème social plus vaste, s'infléchit peu à peu pour devenir un motif de conflit entre sa femme et lui, qui ronge leur ménage et va se transformer enfin en une guerre sans merci entre Strindberg et la Femme, où il jettera tout pêle-mêle: amour et haine, rancunes mesquines et adoration éperdue, désir et dégoût, jalousie maladive et tyrannie insupportable. (…)
Coup sur coup il écrit quatre pièces qui portent le drame naturaliste à son sommet et qui aboutiront même au-delà à une tragédie moderne qu'il lui aura appartenu de créer. Dans Camarades, Père, Mademoiselle Julie et Créanciers se déroule une impitoyable «lutte des cerveaux» entre l'homme et la femme, le plébéien et l'aristocrate, le fort et le faible.
D'une activité fébrile il écrit en même temps un roman réaliste, les Gens de Hemso qui marquera définitivement l'évolution de la prose suédoise, des nouvelles et, en français, l'extraordinaire Plaidoyer d'un fou qui clôture provisoirement le cycle autobiographique et où avec une brutalité et une nudité sans pareilles il livre son histoire et celle de sa femme: cette machine de guerre ou d'autodéfense, aux dires de l'auteur, est un des romans d'amour les plus extravagants et les plus beaux qui soient.
Mais, matériellement, la situation se détériore continuellement. Ses pièces ne trouvent pas de théâtre ou doivent être retirées de l'affiche après quelques représentations et Mademoiselle Julie est interdite par la censure. Ce n'est qu'en 1893, à Paris, que Mademoiselle Julie triomphera définitivement chez Antoine. Quant à Stockholm on n'y verra la pièce qu'en 1906! (…)
C'est à Stockholm et dans son archipel que se trouvent depuis le printemps 1889 Strindberg et sa famille, mais ce n'est que pour aborder l'exténuante et douloureuse procédure en divorce. Celui-ci est finalement déclaré en 1892, après quinze ans de mariage. Presque aussitôt après le divorce, Strindberg repart pour l'étranger. Il s'arrête cette fois-ci à Berlin, où il retrouve une «bohème» d'artistes et d'écrivains scandinaves, polonais et allemands. Il souffre terriblement de l'absence de ses enfants et traverse une longue période d'improductivité littéraire. Ayant rencontré une jeune journaliste autrichienne, Frida Uhl, il l'épouse en mai 1893 dans l'île d'Heligoland: elle a vingt-trois ans de moins que lui. Elle est primesautière, capricieuse, voire tyrannique, tantôt rafraîchissante, tantôt exaspérante. Quant à lui, sa dépression ne fait que s'accentuer, de même que son orgueil et son caractère soupçonneux. La misère économique contribue à accélérer la faillite de ce second mariage. Une fois de plus Strindberg abandonne la littérature pour chercher une nouvelle carrière, cette fois-ci c'est vers la chimie et l'alchimie qu'il se tourne. C'est pourtant à ce moment qu'il croit toucher enfin la gloire, et de plus, c'est de Paris qu'elle semble venir. Antoine a monté Mademoiselle Julie; Lugné-Poé Créanciers et il projette de monter Père au cours de l'hiver 1894. Strindberg quitte l'Autriche, où il habite chez des parents de sa femme, et se rend à Paris. Frida Uhl, qui l'a rejoint peu après, retourne en Autriche au mois d'octobre; ils ne se reverront plus. Le divorce cependant n'interviendra qu'en 1897.
Père est un succès, mais les succès littéraires n'intéressent plus Strindberg. Il prend contact avec les milieux scientifiques et surtout alchimistes français, cherche à fabriquer de l'or et s'ouvre aux doctrines occultistes. Sa misère est extrême et s'enfonçant de plus en plus profondément dans un monde de persécutions et de signes, de sciences occultes et de magie, il aboutit en 1896 à une crise psychique qui le secoue profondément. (…)
Il relate les événements de cette crise dans Inferno et Légendes, tous deux écrits en français. La rédaction de ces deux ouvrages, commencée à Lund dans le midi de la Suède, s'achève à Paris où Strindberg revient une dernière fois et où il reste du 24 août 1897 au 7 avril 1898. C'est à Paris également qu'il entame la représentation dramatique de la crise, en écrivant la première partie de la grande trilogie Le Chemin de Damas. (…)
Les pièces se succèdent avec une rapidité qui témoigne éloquemment du retour de l'inspiration. En 1899 -1900 il écrit pas moins de cinq pièces par an, parmi lesquelles ses grands drames historiques Gustave Vasa et Erik XIV, un «mystère» moderne, Pâques, et la terrible Danse de mort. Les théâtres suédois ont d'ailleurs recommencé à le jouer. Maître Olof est repris avec un immense succès dès la fin de 1897.
C'est dans ces conditions que commencent à l'automne 1900 les répétitions du Chemin de Damas. Le rôle de la «Dame» est, à la demande de l'auteur, confié à une .jeune actrice de vingt-deux ans qu'il vient de voir dans le rôle de Puck. Son nom est Harriet Bosse. Strindberg et Harriet Bosse se fiancent le 5 mars et se marient le 6 mai 1901.
Entre l'auteur vieillissant et célèbre et la jeune comédienne ce fut un mariage orageux, traversé de violentes disputes, de départs et de retours. C'est au lendemain d'un de ces retours de sa jeune femme, après quarante jours d'absence, que Strindberg écrit le Songe, qui marque peut-être le sommet de son oeuvre dramatique.
La naissance d'une petite fille en mars 1902 n'apporte pas la paix au ménage; querelles et réconciliations se succèdent et, en 1903, Harriet Bosse et sa fille déménagent. Les relations ne sont pas rompues pour autant: la mère et la fille continueront longtemps à voir le poète et les deux époux à rompre et à renouer même après le divorce, prononcé en 1904, jusqu'au printemps 1908 où Harriet Bosse se remarie. Elle ne verra plus Strindberg, mais celui-ci qui depuis leur rencontre n'avait cessé de vivre avec elle en une sorte de communication immatérielle et pourtant sensuelle, qu'il faudrait peut-être appeler de «l'érotisme télépathique», continue cependant de noter dans son Journal occulte les «visites» exaltantes et éprouvantes de son dernier grand amour. (…)
En 1906, Strindberg peut se réjouir d’un renouveau d’intérêt pour son théâtre. Le Songe obtient un accueil très favorable et Mademoiselle Julie est enfin jouée en Suède, grâce à un jeune directeur de théâtre, August Falck. Le succès est tel que Falck et Strindberg décident de fonder ensemble un théâtre qui ne jouera pratiquement que des pièces de Strindberg. Il obtient, avec le Théâtre Intime ainsi créé, l'instrument dont il avait si longtemps rêvé et, en 1907, il écrit pour cette petite scène ses fameuses «pièces de chambre» qui comptent quelques-uns de ses chefs-d’œuvre: le Pélican, la Maison brûlée, Orage et surtout la Sonate des Spectres et La Danse de mort.
Les «pièces de chambre» sont accueillies par une incompréhension totale. (…) La dernière pièce de Strindberg, la Grand-route respire l'amertume. Mais c'est surtout un dernier regard jeté sur une vie tumultueuse, égocentrique et douloureuse.
Le 14 mai 1912, Strindberg meurt d'un cancer.

La présentation de d'Anne-Marie BONNABEL, Professeur agrégé de Lettres Modernes chargée de l’enseignement du théâtre au Lycée Thiers de Marseille...
August Strindberg (1849-1912) appartient à la même génération de dramaturges que le russe Tchekhov et le norvégien Ibsen. Moins connu que Tchekhov, plus novateur qu’Ibsen, il contribue à fonder la modernité au théâtre.
On connaît Mademoiselle Julie, Père, Créanciers, La danse de mort, pièces souvent jouées en France. On ignore souvent l’énorme production littéraire de Strindberg : pièces historiques, drames à stations ou jeux de rêve pour qualifier des pièces inclassables comme Le chemin de Damas, pièces " de chambre ", mais aussi récits, essais, articles, correspondance passionnante, entre autres avec Zola ou Nietzsche, réflexions sur le théâtre partiellement recueillies dans " Théâtre cruel, théâtre mystique " paru chez Gallimard en 1964.
Strindberg, parcourant l’Europe sans trouver jamais de lieu qui apaise ses angoisses, se révèle au carrefour d’influences aussi décisives que celles de Schopenhauer, Schiller, Kierkegaard, Byron, ou des précurseurs de Freud comme Bernheim .Il s’avère une formidable caisse de résonance de toutes les tendances esthétiques de son temps, notamment dans ses prises de position sur le naturalisme. Il est aussi un peintre étonnant, très lié à Edward Munch. Il se passionne pour la chimie et se rêve alchimiste jusqu’à s’en brûler les mains.
" Ce qu’il me faut, c’est absolument savoir. Et pour cela je vais faire sur ma vie une profonde, une discrète et scientifique enquête. Utilisant toutes les ressources de la nouvelle science psychologique, en mettant à profit la suggestion, la lecture de pensée, la torture mentale, […] je chercherai tout. "
La vie et l’œuvre de Strindberg se placent sous le signe de cette confession. Tous ses écrits témoignent de sa vie et portent la trace de ses crises, de ses combats, de ses révoltes contre une société au conformisme rigide qu’il exècre et qui le décrètera scandaleux. Le moi de l’écrivain fonde l’unité de cette énorme production littéraire, par delà les genres et par delà les diversités formelles.
Né en 1849, dans un milieu petit bourgeois, il perd sa mère à treize ans et souffre du remariage d’un père trop autoritaire. Sa mère, fille d’aubergiste, épousera son père après avoir été sa gouvernante puis sa maîtresse. Ce roman familial est à l’origine du sentiment de déclassement, d’entre deux, qui l’habite toute son existence. Il échoue dans la carrière de comédien où il voulait s’engager, devenant, peut-être par dépit, auteur de théâtre. Ses relations avec les femmes sont terriblement conflictuelles. Marié et divorcé trois fois, il doit travailler beaucoup pour assurer la subsistance des enfants qu’il a de chacun de ses mariages. La misogynie de Strindberg, son antiféminisme bien connu, le diabolisent face à son rival Ibsen qui apparaît depuis Maison de poupée comme un champion du féminisme. Strindberg aime les femmes dans une recherche fusionnelle et de tels élans passionnés qu’il ne peut qu’être déçu. C’est alors que l’ange adoré se transforme à ses yeux en mégère prête à le vider de toute substance. Sa jalousie féroce envers sa première épouse, la baronne Siri Von Essen est à l’origine de ses premiers délires paranoïaques. Toute sa vie Strindberg traverse des crises délirantes qu’il tente de décrire dans des textes autobiographiques, toute sa vie il lutte contre ses fantômes pour extraire, in vivo, de son être, une œuvre noire qui nous dit la détresse de l’homme d’aujourd’hui.
Kafka, les expressionnistes, Adamov dramaturge contemporain revendiquent fortement son héritage. Comment ne pas penser qu’Artaud, qui monta Le Songe au théâtre Alfred Jarry, n’ait pas puisé chez Strindberg le terme même de théâtre de la cruauté ?
Bibliographie
Sur Strindberg
Michaël Meyer - Biographie de Strindberg, Gallimard
Adamov - Strindberg, L’Arche
Jaspers - Strindberg et Van Gogh, Editions de minuit
Sur le théâtre de Strindberg
Maurice Gravier - Strindberg et le théâtre moderne, Bibliothèque de la société des études germaniques, Paris 1949
Sarrazac - L’Avenir du drame, l’Ere théâtrale
Sarrazac - Théâtres intimes, Actes Sud papiers 1989
Pascale Roger - La cruauté dans Le théâtre de Strindberg, L’Hamattan
Sur le théâtre fin XIX° début XX°
Antoine et l’invention de la mise en scène. Textes regroupés par J P Sarrazac. Actes Sud
Théâtre aujourd’hui, N° 10 , L’Ere de la mise en scène . SCEREN CNDP.
L’ensemble de son théâtre a été récemment publié à l’Arche.
Mademoiselle Julie : deux éditions utilisables en classe : à l’Arche en volume séparé dans une traduction de Boris Vian qui comporte la préface de Strindberg et à L’avant Scène (N° 986 15 Mars 1996) dans une traduction d’Elena Balzamo qui a l’intérêt de présenter des photos de la mise en scène et des commentaires de Jacques Kraemer. Jacques Kraemer a monté Mademoiselle Julie en 1995 au CDN de Chartres.
Les récits autobiographiques " Dans la chambre rouge " ( " Le Fils de la servante ", 1886; " Fermentation ", 1886; " l'Écrivain, " 1909), et " Le Plaidoyer d'un fou " (1892) écrit directement en français.
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dimanche, 05 mars 2006
Lecture de Bernd SUCHER, "Anton Tchekhov : le sourire sous les larmes ..."
Les passions de Bernd SUCHER, "Anton Tchekhov : le sourire sous les larmes ...", aux Ateliers Berthier (Théâtre de l'Odéon), le 4 mars 2006, dans une traduction française de Nicole Taubes, avec Astrid Bas et Hervé Briaux
Bernd SUCHER est le critique théâtral allemand de la Süddeutsche Zeitung. Il proposa en 1999 à deux acteurs du Residenztheater de Munich une expérience inédite: présenter à ses côtés sa vision personnelle d’un auteur, dans un cadre tenant à la fois de la conférence et de la lecture mise en espace.
Le succès remporté par la première séance leur valut des invitations dans différents théâtres d'Allemagne, d'Autriche, de Suisse, et persuada Bernd Sucher qu’il valait la peine de poursuivre l’entreprise.
Au fil des années, « Les Passions de Bernd Sucher » sont donc devenues une sorte de feuilleton non dénué d'humour, au cours duquel le critique se risque à son tour devant le public pour lui proposer, selon son bon plaisir, ses portraits d’écrivains du XIXème et du XXème siècles, connus et moins connus, européens ou non.
Il est ainsi venu pour la première fois aux Ateliers Berthier à Paris en 2005 offrir, en langue française, dans une traduction de Nicole Staub, sa version personnelle de la vie et de l'oeuvre d'Henrik Ibsen, comme toujours flanqué de deux comédiens complices, en l’occurrence Astrid Bas et Hervé Briaux.
Dans le cadre des manifestations organisées autour de la pièce « Sur la grand'route » d'Anton Tchekhov, à l’affiche du 23 février au 25 mars 2006, dans une mise en scène de Bruno Boëglin, Bernd Sucher se produit à nouveau aux ateliers Berthier avec Astrid Bas et Hervé Briaux, le 4 mars 2006, pour présenter sa vision personnelle de la vie et l'oeuvre d'Anton Tchekhov.
«Tchekhov est à placer au même rang que Shakespeare», affirme Bernd Sucher. «Il décrit la vie même, qui s’explique aussi peu qu’on explique une carotte. Ses pièces sont des comédies sur la terrible dérision de l’existence. Sur le désir et la déception. Mais on méconnaîtrait Tchekhov si l’on passait à côté de la profonde humanité qui le distingue. Il était intègre et génial – rare conjonction.»
La comédienne Astrid Bas est ancienne élève du Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique (promotion 1996) et de l'Ecole du Théâtre National de Strasbourg (Jeune théâtre national 1998-1999). Elle a travaillé au Théâtre avec entre autres Alain Ollivier, Anatoli Vassilieff, Frédéric Fisbach, Yves Beaunesne. Elle jouait récemment en 2004-2005, dans la pièce « La Rose et la Hache », d’après Richard III de Shakeaspeare, mise en scène par Georges Lavaudant, et Ecrire/Roma mis en scène par Jean-Marie Patte. Elle a mis en scène en 2003 Matériau Platonov aux Ateliers Berthier.
Hervé Briaux, qui jouait le rôle de Gaston d’Orléans en 1992 dans le film « Louis, enfant Roi » réalisé par Roger PLANCHON, sera à l’affiche des Ateliers Berthier du 4 au 20 mai 2006, dans une mise en scène théâtrale d’un roman de Thomas Bernhard, "Des arbres à abattre" , réalisée par Patrick PINEAU.
Nicole Taubes est née à Paris où elle obtient tout d'abord une licence de biologie à la Sorbonne. Désirant s'imprégner de la langue et de l'histoire allemandes, elle postule et obtient (1962) un poste de " Diplomantin " à l'Institut für Allgemeine Biologie, à Berlin-Est. Elle restera 12 ans dans cette ville, mais changera de profession et trouvera très vite son "véritable but, la destination secrète de son voyage" comme elle le dit elle-même, i.e. la traduction. D'abord la traduction technique, ou généraliste, mais depuis 1992, membre de l'Association des Traducteurs Littéraires de France, Nicole Taubes se consacre entièrement à la traduction littéraire et obtient en 1998 le prestigieux Prix Gérard de Nerval de la traduction, décerné par la Société des Gens de Lettres à l'occasion de la parution de sa traduction chez José Corti de La Nef des fous de Sébastien Brant, ouvrage qui connaît en 2004 sa 2e édition.
Irène Weber-Henking
Les deux traductions des lectures de Bernd Sucher réalisées par Nicole TAUBES : « Les Passions de Bernd Sucher : Henrik Ibsen » et « Bernd Sucher, Tchekhov et passions : le sourire sous les larmes ».

Une biographie de Tchekhov et la chronologie de sa vie.
Une critique de cette lecture de Bernd Sucher sera prochainement ajoutée à ce texte...
00:10 Publié dans 4. Anton TCHEKHOV | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Littérature
lundi, 23 janvier 2006
Actualité des festivals de l'été 2006
LES FESTIVALS DE THEATRE DE L'ETE 2005
Sans oublier les très nombreux festivals des arts de la rue (à signaler un dossier très intéressant sur ce sujet dans le numéro 20 de la revue Théâtre de juin-juillet 2005).
Ces Festivals sont aujourd'hui terminés. Mais ils revivront l'été prochain. Et leurs sites internet demeurent accessibles...
La Fédération nationale des compagnies de théâtre et d'animation (FNCTA) a établi et met à jour le calendrier 2006 des Festivals de Théâtre amateur.
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JUIN 2005 :
Du 1er au 30 juin : Le mois Molière à Versailles: 44 pièces classiques sont programmées.
Du 3 juin au 4 juillet: Le printemps des comédiens à Montpellier
Du 6 juin au 10 juillet : 28e Foire Saint-Germain, Place Saint Sulpice à Paris; les 27 et 28 juin : 3e salon du théâtre et de l'édition théâtrale
Jusqu'au 11 juin: 16e Furies à Châlons-en-Champagne
Du 14 juin au 9 juillet: Festival d'Anjou à Angers
Du 14 juin au 6 août: Les nuits de Fourvière: théâtre, musique, danse, cinéma, à Lyon
Du 15 juin au 31 août: Festival Région sur Seine (Haute-Normandie)
Du 21 juin au 13 juillet: "Les scènes d'été du 13", festival dédié aux jeunes compagnies, au théâtre 13, 103, boulevard Blanqui à Paris
Du 24 juin au 10 juillet: 6e Rencontres d'été à la maison du comédien Maria Casarès à Alloue en Charente:
Du 24 au 26 juin: Viva Cité, festival des arts de la rue de Sotteville-lès-Rouen
Du 29 juin au 20 juillet : Festival de Marseille
JUILLET 2005 :
Du 1er au 13 juillet : Festival au Carré à Maubeuge (Nord)
Du 1er au 17 juillet : Les Estivales à Perpignan
Du 1er au 20 juillet : 11e Festival de Théâtre d'Agen
Du 2 au 8 juillet: 30e Rencontres théâtrales d'Hérisson dans l'Allier
Du 3 juillet au 27 août: 18e Fêtes nocturnes du Château de Grignan (Drôme provençale): "Dom Juan" de Molière, dans une mise en scène de Guy Freixe
Du 5 au 9 juillet : Les Pluralies à Luxeuil-les-Bains (Haute-Saône)
Du 5 au 12 juillet: "Festival des sept Collines", fête ses 10 ans à Saint Etienne
Du 6 au 10 juillet: 10e Festival de la correspondance de Grignan (Drôme Provençale), créé en 1996 à l'occasion du tricentenaire de la mort de Mme de Sévigné
Du 6 au 31 juillet: Le 7e Contre festival: "Nous n'irons pas à Avignon", à Vitry-sur-Seine
Du 8 au 27 juillet: 59e Festival d'Avignon; en 2006 : du 6 au 27 juillet 2006.
Du 8 au 30 juillet: Festival OFF d'Avignon; pour 2006
Du 9 au 23 juillet : Festival International Theatr'enfants à Avignon: http://www.eveilartistique.free.fr/
Du 15 juillet au 28 août: Théâtre du Peuple de Bussang, au coeur de la forêt Vosgienne: Le Révizor de Nicolas Gogol et La Fausse suivante de Marivaux... http://www.theatredupeuple.fr/
Du 15 juillet au 15 décembre: Act french: 6 mois de théâtre français à New York: organisé à travers un partenariat entre des artistes et compagnies françaises et 20 théâtres New Yorkais: http://www.actfrench.org/
Du 16 juillet au 12 août: 32e Nuits de la Mayenne: http://www.nuitsdelamayenne.com
Du 18 juillet au 5 août: Festival des jeux du théâtre à Sarlat: http://www.festival-theatre-sarlat.com
Du 19 juillet au 4 août, tous les mardis et jeudis : les Nuits auréliennes à Fréjus (Var):
http://www.frejus.fr/index.dyn.php3?p_idref=375
Du 21 au 24 juillet: 19e Festival transnational des artistes de la rue à Châlon-sur-Saône: http://www.chalondanslarue.com/
Du 23 juillet au 14 août: 14e Rencontres imaginaires des Sables-d'Olonne: http://www.lessablesdolonne.fr
Du 22 juillet au 15 août: Les rendez-vous de Cormatin: Festival de théâtre au Château: http://www.cg71.fr/actualites/flashinfo_depa/liste.asp?theme=festival
Du 27 juillet au 14 août: 19e Festival La Luzège à Saint Pantaléon de Lapleau: http://laluzege.chez.tiscali.fr/
Du 28 juillet au 6 août: 5e Festival théâtral de Figeac, organisé par la Compagnie des Tréteaux de France de Marcel Maréchal: http://www.treteauxdefrance.com Le dossier au format PDF: http://www.treteauxdefrance.com/festivals/prog-figeac-05.pdf
Du 28 juillet au 7 août: 6e Festival Nava à Limoux, Saint-Hilaire et Serres dans l'Aude: six spectacles d'auteurs contemporains en avant première: http://www.limoux.fr
AOUT 2005 :
Du 1er au 7 août: 23e Festival Mimos du mime à Périgueux: http://www.mimos.fr
Du 3 au 10 août: Théâtre à la campagne: l'été de Vaour (Tarn): http://www.etedevaour.org
Du 4 au 9 août : Festival Molière à Collioure (Pyrénées Orientales): http://moliere-a-collioure.monsite.wanadoo.fr/
Du 5 au 20 août: Festival de Noirmoutier-en-l'Ile, organisé par le Théâtre régional des pays de la Loire TRPL, implanté à Cholet: http://www.theatreregionalpaysdelaloire.com/
Du 6 au 13 août: Rencontres internationales de théâtre en Corse à Olmi-Capella, créé par le comédien Robin Renucci en 1998: http://www.ariacorse.org
Du 10 au 20 août: 20e Festival international de théâtre de rue et rendez-vous des compagnies de passage à Aurillac: http://aurillac.net
Du 14 août au 4 septembre: Festival international d'Edimbourg: Edinburgh International Festival: le festival le plus important au monde avec celui d'Avignon: http://www.eif.co.uk
Du 19 au 28 août: Festival de théâtre de Blaye et de l'Estuaire, à la Citadelle Vauban: http://www.chantiersdeblaye-estuaire.com
Du 24 au 30 août: 10e Mousson d'été: Frissons asiatiques, à Pont à Mousson: http://www.meec.org
LES FESTIVALS DE SEPTEMBRE...
Du 1er au 11 septembre : Festival de Genève, La Bâtie
Du 27 septembre au 9 octobre: Les Francophonies en Limousin, à Limoges.
APRES SEPTEMBRE :
Festival d'automne à Paris.
Du 13 au 22 octobre: VIIe Festival des Arts et Cinémas Russe au Théâtre National de Nice TNN.
Du 22 au 29 octobre : le Festival National de Théâtre Amateur Festhéa à Tours.
Jusqu'au 15 décembre 2005 "ACT FRENCH" à New York : 6 mois de théâtre français à New York : organisé à travers un partenariat entre des artistes et compagnies françaises et 20 théâtres New Yorkais.
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