<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?> <?xml-stylesheet type="text/xsl" href="/rss20.xsl" media="screen"?> <rss xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" version="2.0"> <channel> <title>La critique de théâtre - 3._ecriture_theatrale_et_auteurs</title> <description>Site consacré au théâtre</description> <link>http://theatrepassion.blogspirit.com/3._ecriture_theatrale_et_auteurs/</link> <lastBuildDate>Fri, 25 Jul 2008 02:12:52 +0200</lastBuildDate> <generator>blogSpirit.com</generator> <copyright>All Rights Reserved</copyright>  <item> <guid isPermaLink="true">http://theatrepassion.blogspirit.com/archive/2006/03/25/august-strindberg.html</guid> <title>August STRINDBERG</title> <link>http://theatrepassion.blogspirit.com/archive/2006/03/25/august-strindberg.html</link> <author>noreply@blogspirit.com (Théâtre Passion)</author>   <category>3. Ecriture théâtrale et auteurs</category>   <pubDate>Sat, 25 Mar 2006 18:20:00 +0100</pubDate> <description> &lt;div align=justify&gt;&lt;a href=&quot;http://theatrepassion.blogspirit.com/images/medium_august_strindberg.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://theatrepassion.blogspirit.com/images/medium_august_strindberg.2.jpg&quot; alt=&quot;medium_august_strindberg.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;La biographie de CarI Gustav Bjurstrom, “August Strindberg” in revue Obliques, 2e semestre 1975.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.theatrelepublic.be/dossiers_peda/dope_danse.pdf&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;August Strindberg&lt;/a&gt; est né le 22 janvier 1849 à Stockholm. Il eut, à en croire son roman autobiographique Le Fils de la Servante, une enfance douloureuse, pris entre un père taciturne et dur et une mère soumise, nerveuse, d'une religiosité à la fois extatique et puritaine, dans la promiscuité abrutissante d'un petit appartement de trois pièces où logeaient les parents, les sept enfants et les deux servantes. Sa mère mourut quand il avait treize ans; peu après son père se remaria avec la gouvernante. (…) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plus que la tyrannie du père, la faiblesse de la mère ou le despotisme moralisateur de la marâtre, c'est la sensibilité presque pathologique de l'enfant qu'exprime ce livre, ses angoisses et ses hontes que personne dans son entourage ne semble avoir eu le souci d'apaiser. Aussi bien la marâtre que la mère appartenaient à une secte religieuse au christianisme exalté, inculquant à ses fidèles l'horreur du monde et la crainte du péché. L'esprit de Strindberg en fut profondément marqué. Un tempérament qui semble avoir été naturellement sensuel fut grâce à ces doctrines doublé d'un violent dégoût des sens et du corps. A la contrainte et la peur de la vie matérielle viennent s'ajouter l'obsession de la faute et la honte du «péché»: l’humiliation profonde qui en résulte à tôt fait de se transformer en révolte et en souffrance. (…)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après avoir passé son baccalauréat en 1867, Strindberg s'inscrit à l'université d'Upsal mais doit, pour payer ses études, prendre des places de précepteur et fait même un remplacement dans son ancienne école, où il se retrouve avec horreur obligé de rabâcher les mêmes leçons qu'autrefois: peu lui importe que ce soit cette fois-ci en qualité d'enseignant. Ses études ne marchent pas fort: recalé à l'examen de chimie, il décide d'embrasser la carrière de comédien. Admis à «l'école des élèves» du Théâtre dramatique, il termine ce premier essai dans le trou du souffleur: son échec est si cuisant qu'il rêve de se suicider. Il aborde alors le théâtre par la voie qui sera la sienne et qui le mènera à la gloire. Tout en poursuivant des études de langues vivantes et d'esthétique à l'université d'Upsal il écrit ainsi ses premières pièces qui obtiennent un accueil étonnamment favorable. Une tragédie classique en vers, Hermione, obtient une mention de l'Académie suédoise et la petite pièce A Rome est montée au Théâtre Dramatique, la scène nationale, le 13 septembre 1870. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La critique fut bienveillante; elle le fut beaucoup moins pour la pièce suivante, le Banni. On est d'autant plus surpris de l'incompréhension totale qui accueillit en 1872 Maître Olof, où enfin son génie éclate: sans doute est-ce le ton absolument neuf, l'aspect moderne de cette pièce historique, aux répliques vives et percutantes qui rebutèrent les théâtres qui tous refusèrent la pièce. L'Académie à laquelle elle fut également soumise, ne ménagea pas ses critiques. Rien d'étonnant à ce que le jeune auteur se mît à douter de lui; il passa par des crises successives, renouvelant avec le même insuccès que deux ans auparavant sa tentative en vue de devenir comédien, quittant un journal pour se brouiller avec un autre, acceptant même quelque temps un poste de télégraphiste dans l'archipel de Stockholm, mais plongeant surtout dans la «bohème» de Stockholm qu'il devait plus tard décrire avec tant de brio dans son roman le Cabinet rouge. En 1874, il entra finalement à la Bibliothèque royale. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Même au milieu de ces désordres et de ces doutes, il n'abandonna jamais Maître Olof, conscient et, à juste titre, fier de la nouveauté de sa pièce. Patiemment il remit son ouvrage sur le métier. Une nouvelle version terminée en 1875 fut refusée. Une troisième version, cette fois en vers, terminée en mai 1876, le fut également. Ce n'est qu'au bout de neuf ans qu'il put enfin voir sa pièce portée à la scène. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au printemps 1875 il avait fait la connaissance du baron CarI Gustaf Wrangel, capitaine à la garde, et de sa femme Siri von Essen: il devint bientôt un hôte journalier et un confident privilégié du ménage jusqu'au moment où atterré par l'évolution de ses sentiments à l'égard de la jeune femme, il décida de s'enfuir. A peine embarqué sur le bateau qui devait le conduire en France, il redescendit à terre et au printemps 1876 Siri von Essen et lui s'avouèrent mutuellement leur amour. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le baron cependant reste un ami et un mari plein de compréhension. Strindberg et Siri von Essen sont déchirés entre la passion et la compassion, l'amour et la honte, le désir et le sublime. Mais la situation est intenable et le baron et la baronne divorcent. Le 30 décembre 1877 Siri von Essen épouse August Strindberg. Quelques jours plus tard naît une petite fille qui meurt après quelques heures. Le ménage commence bien mal. Strindberg est depuis quelque temps brouillé avec son père, la situation économique est désastreuse et Maître Olof est partout refusé. Les deux époux avaient pourtant formé de si beaux projets: elle allait enfin pouvoir se livrer à sa vocation de comédienne et lui allait écrire les pièces qu'elle créerait. Malheureusement il s'avère que la comédienne est médiocre et que l'écrivain manque d'inspiration. S'il écrit encore pour la scène c'est pour fournir des rôles à sa femme. La situation semble temporairement s'éclaircir avec le succès remporté en 1879 par son roman satirique le Cabinet rouge, qui entraîne la représentation d'un drame assez médiocre, le Secret de la guilde et finalement, le 30 décembre 1881, celle, tant attendue de Maître Olof. (…) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De 1883 à 1889 Strindberg vécut à l'étranger: exil volontaire qui l'avait longtemps hanté et qu'il partageait avec la plupart des artistes et écrivains scandinaves désireux non seulement de s'évader d'un milieu culturel étroit mais aussi de conquérir à l'étranger des titres de gloire susceptibles de fermer définitivement la bouche à la critique conservatrice et mesquine de leurs patries respectives. Ce fut pour Strindberg et sa famille six années de déplacements continuels durant lesquelles ils changèrent de résidence vingt-deux fois. C'est au cours de cette vie errante et éprouvante que le mariage d'August Strindberg et de Siri von Essen se détériore peu à peu. L'attitude prise par Strindberg en ce qui concerne le féminisme, qui n'est d'abord pour lui qu'un aspect d'un problème social plus vaste, s'infléchit peu à peu pour devenir un motif de conflit entre sa femme et lui, qui ronge leur ménage et va se transformer enfin en une guerre sans merci entre Strindberg et la Femme, où il jettera tout pêle-mêle: amour et haine, rancunes mesquines et adoration éperdue, désir et dégoût, jalousie maladive et tyrannie insupportable. (…)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Coup sur coup il écrit quatre pièces qui portent le drame naturaliste à son sommet et qui aboutiront même au-delà à une tragédie moderne qu'il lui aura appartenu de créer. Dans Camarades, Père, Mademoiselle Julie et Créanciers se déroule une impitoyable «lutte des cerveaux» entre l'homme et la femme, le plébéien et l'aristocrate, le fort et le faible. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D'une activité fébrile il écrit en même temps un roman réaliste, les Gens de Hemso qui marquera définitivement l'évolution de la prose suédoise, des nouvelles et, en français, l'extraordinaire Plaidoyer d'un fou qui clôture provisoirement le cycle autobiographique et où avec une brutalité et une nudité sans pareilles il livre son histoire et celle de sa femme: cette machine de guerre ou d'autodéfense, aux dires de l'auteur, est un des romans d'amour les plus extravagants et les plus beaux qui soient. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, matériellement, la situation se détériore continuellement. Ses pièces ne trouvent pas de théâtre ou doivent être retirées de l'affiche après quelques représentations et Mademoiselle Julie est interdite par la censure. Ce n'est qu'en 1893, à Paris, que Mademoiselle Julie triomphera définitivement chez Antoine. Quant à Stockholm on n'y verra la pièce qu'en 1906! (…)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est à Stockholm et dans son archipel que se trouvent depuis le printemps 1889 Strindberg et sa famille, mais ce n'est que pour aborder l'exténuante et douloureuse procédure en divorce. Celui-ci est finalement déclaré en 1892, après quinze ans de mariage. Presque aussitôt après le divorce, Strindberg repart pour l'étranger. Il s'arrête cette fois-ci à Berlin, où il retrouve une «bohème» d'artistes et d'écrivains scandinaves, polonais et allemands. Il souffre terriblement de l'absence de ses enfants et traverse une longue période d'improductivité littéraire. Ayant rencontré une jeune journaliste autrichienne, Frida Uhl, il l'épouse en mai 1893 dans l'île d'Heligoland: elle a vingt-trois ans de moins que lui. Elle est primesautière, capricieuse, voire tyrannique, tantôt rafraîchissante, tantôt exaspérante. Quant à lui, sa dépression ne fait que s'accentuer, de même que son orgueil et son caractère soupçonneux. La misère économique contribue à accélérer la faillite de ce second mariage. Une fois de plus Strindberg abandonne la littérature pour chercher une nouvelle carrière, cette fois-ci c'est vers la chimie et l'alchimie qu'il se tourne. C'est pourtant à ce moment qu'il croit toucher enfin la gloire, et de plus, c'est de Paris qu'elle semble venir. Antoine a monté Mademoiselle Julie; Lugné-Poé Créanciers et il projette de monter Père au cours de l'hiver 1894. Strindberg quitte l'Autriche, où il habite chez des parents de sa femme, et se rend à Paris. Frida Uhl, qui l'a rejoint peu après, retourne en Autriche au mois d'octobre; ils ne se reverront plus. Le divorce cependant n'interviendra qu'en 1897. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Père est un succès, mais les succès littéraires n'intéressent plus Strindberg. Il prend contact avec les milieux scientifiques et surtout alchimistes français, cherche à fabriquer de l'or et s'ouvre aux doctrines occultistes. Sa misère est extrême et s'enfonçant de plus en plus profondément dans un monde de persécutions et de signes, de sciences occultes et de magie, il aboutit en 1896 à une crise psychique qui le secoue profondément. (…)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il relate les événements de cette crise dans Inferno et Légendes, tous deux écrits en français. La rédaction de ces deux ouvrages, commencée à Lund dans le midi de la Suède, s'achève à Paris où Strindberg revient une dernière fois et où il reste du 24 août 1897 au 7 avril 1898. C'est à Paris également qu'il entame la représentation dramatique de la crise, en écrivant la première partie de la grande trilogie Le Chemin de Damas. (…)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les pièces se succèdent avec une rapidité qui témoigne éloquemment du retour de l'inspiration. En 1899 -1900 il écrit pas moins de cinq pièces par an, parmi lesquelles ses grands drames historiques Gustave Vasa et Erik XIV, un «mystère» moderne, Pâques, et la terrible Danse de mort. Les théâtres suédois ont d'ailleurs recommencé à le jouer. Maître Olof est repris avec un immense succès dès la fin de 1897. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est dans ces conditions que commencent à l'automne 1900 les répétitions du Chemin de Damas. Le rôle de la «Dame» est, à la demande de l'auteur, confié à une .jeune actrice de vingt-deux ans qu'il vient de voir dans le rôle de Puck. Son nom est Harriet Bosse. Strindberg et Harriet Bosse se fiancent le 5 mars et se marient le 6 mai 1901. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre l'auteur vieillissant et célèbre et la jeune comédienne ce fut un mariage orageux, traversé de violentes disputes, de départs et de retours. C'est au lendemain d'un de ces retours de sa jeune femme, après quarante jours d'absence, que Strindberg écrit le Songe, qui marque peut-être le sommet de son oeuvre dramatique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La naissance d'une petite fille en mars 1902 n'apporte pas la paix au ménage; querelles et réconciliations se succèdent et, en 1903, Harriet Bosse et sa fille déménagent. Les relations ne sont pas rompues pour autant: la mère et la fille continueront longtemps à voir le poète et les deux époux à rompre et à renouer même après le divorce, prononcé en 1904, jusqu'au printemps 1908 où Harriet Bosse se remarie. Elle ne verra plus Strindberg, mais celui-ci qui depuis leur rencontre n'avait cessé de vivre avec elle en une sorte de communication immatérielle et pourtant sensuelle, qu'il faudrait peut-être appeler de «l'érotisme télépathique», continue cependant de noter dans son Journal occulte les «visites» exaltantes et éprouvantes de son dernier grand amour. (…) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1906, Strindberg peut se réjouir d’un renouveau d’intérêt pour son théâtre. Le Songe obtient un accueil très favorable et Mademoiselle Julie est enfin jouée en Suède, grâce à un jeune directeur de théâtre, August Falck. Le succès est tel que Falck et Strindberg décident de fonder ensemble un théâtre qui ne jouera pratiquement que des pièces de Strindberg. Il obtient, avec le Théâtre Intime ainsi créé, l'instrument dont il avait si longtemps rêvé et, en 1907, il écrit pour cette petite scène ses fameuses «pièces de chambre» qui comptent quelques-uns de ses chefs-d’œuvre: le Pélican, la Maison brûlée, Orage et surtout la Sonate des Spectres et La Danse de mort. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les «pièces de chambre» sont accueillies par une incompréhension totale. (…) La dernière pièce de Strindberg, la Grand-route respire l'amertume. Mais c'est surtout un dernier regard jeté sur une vie tumultueuse, égocentrique et douloureuse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 14 mai 1912, Strindberg meurt d'un cancer. &lt;a href=&quot;http://theatrepassion.blogspirit.com/images/medium_image_6236_192_144.jpg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://theatrepassion.blogspirit.com/images/medium_image_6236_192_144.jpg&quot; alt=&quot;medium_image_6236_192_144.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0; float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;La présentation de d'Anne-Marie BONNABEL, Professeur agrégé de Lettres Modernes chargée de l’enseignement du théâtre au Lycée Thiers de Marseille... &lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
August Strindberg (1849-1912) appartient à la même génération de dramaturges que le russe Tchekhov et le norvégien Ibsen. Moins connu que Tchekhov, plus novateur qu’Ibsen, il contribue à fonder la modernité au théâtre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On connaît Mademoiselle Julie, Père, Créanciers, La danse de mort, pièces souvent jouées en France. On ignore souvent l’énorme production littéraire de Strindberg : pièces historiques, drames à stations ou jeux de rêve pour qualifier des pièces inclassables comme Le chemin de Damas, pièces &quot; de chambre &quot;, mais aussi récits, essais, articles, correspondance passionnante, entre autres avec Zola ou Nietzsche, réflexions sur le théâtre partiellement recueillies dans &quot; Théâtre cruel, théâtre mystique &quot; paru chez Gallimard en 1964.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Strindberg, parcourant l’Europe sans trouver jamais de lieu qui apaise ses angoisses, se révèle au carrefour d’influences aussi décisives que celles de Schopenhauer, Schiller, Kierkegaard, Byron, ou des précurseurs de Freud comme Bernheim .Il s’avère une formidable caisse de résonance de toutes les tendances esthétiques de son temps, notamment dans ses prises de position sur le naturalisme. Il est aussi un peintre étonnant, très lié à Edward Munch. Il se passionne pour la chimie et se rêve alchimiste jusqu’à s’en brûler les mains.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&quot; Ce qu’il me faut, c’est absolument savoir. Et pour cela je vais faire sur ma vie une profonde, une discrète et scientifique enquête. Utilisant toutes les ressources de la nouvelle science psychologique, en mettant à profit la suggestion, la lecture de pensée, la torture mentale, […] je chercherai tout. &quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La vie et l’œuvre de Strindberg se placent sous le signe de cette confession. Tous ses écrits témoignent de sa vie et portent la trace de ses crises, de ses combats, de ses révoltes contre une société au conformisme rigide qu’il exècre et qui le décrètera scandaleux. Le moi de l’écrivain fonde l’unité de cette énorme production littéraire, par delà les genres et par delà les diversités formelles. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Né en 1849, dans un milieu petit bourgeois, il perd sa mère à treize ans et souffre du remariage d’un père trop autoritaire. Sa mère, fille d’aubergiste, épousera son père après avoir été sa gouvernante puis sa maîtresse. Ce roman familial est à l’origine du sentiment de déclassement, d’entre deux, qui l’habite toute son existence. Il échoue dans la carrière de comédien où il voulait s’engager, devenant, peut-être par dépit, auteur de théâtre. Ses relations avec les femmes sont terriblement conflictuelles. Marié et divorcé trois fois, il doit travailler beaucoup pour assurer la subsistance des enfants qu’il a de chacun de ses mariages. La misogynie de Strindberg, son antiféminisme bien connu, le diabolisent face à son rival Ibsen qui apparaît depuis Maison de poupée comme un champion du féminisme. Strindberg aime les femmes dans une recherche fusionnelle et de tels élans passionnés qu’il ne peut qu’être déçu. C’est alors que l’ange adoré se transforme à ses yeux en mégère prête à le vider de toute substance. Sa jalousie féroce envers sa première épouse, la baronne Siri Von Essen est à l’origine de ses premiers délires paranoïaques. Toute sa vie Strindberg traverse des crises délirantes qu’il tente de décrire dans des textes autobiographiques, toute sa vie il lutte contre ses fantômes pour extraire, in vivo, de son être, une œuvre noire qui nous dit la détresse de l’homme d’aujourd’hui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kafka, les expressionnistes, Adamov dramaturge contemporain revendiquent fortement son héritage. Comment ne pas penser qu’Artaud, qui monta Le Songe au théâtre Alfred Jarry, n’ait pas puisé chez Strindberg le terme même de théâtre de la cruauté ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;u&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;/u&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/August_Strindberg&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;strong&gt;Sur Strindberg&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Michaël Meyer - Biographie de Strindberg, Gallimard &lt;br /&gt;
Adamov - Strindberg, L’Arche &lt;br /&gt;
Jaspers - Strindberg et Van Gogh, Editions de minuit &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Sur le théâtre de Strindberg&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Maurice Gravier - Strindberg et le théâtre moderne, Bibliothèque de la société des études germaniques, Paris 1949 &lt;br /&gt;
Sarrazac - L’Avenir du drame, l’Ere théâtrale &lt;br /&gt;
Sarrazac - Théâtres intimes, Actes Sud papiers 1989 &lt;br /&gt;
Pascale Roger - La cruauté dans Le théâtre de Strindberg, L’Hamattan &lt;br /&gt;
Sur le théâtre fin XIX° début XX°&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Antoine et l’invention de la mise en scène. Textes regroupés par J P Sarrazac. Actes Sud &lt;br /&gt;
Théâtre aujourd’hui, N° 10 , L’Ere de la mise en scène . SCEREN CNDP.&lt;br /&gt;
L’ensemble de son théâtre a été récemment publié à l’Arche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mademoiselle Julie : deux éditions utilisables en classe : à l’Arche en volume séparé dans une traduction de Boris Vian qui comporte la préface de Strindberg et à L’avant Scène (N° 986 15 Mars 1996) dans une traduction d’Elena Balzamo qui a l’intérêt de présenter des photos de la mise en scène et des commentaires de Jacques Kraemer. Jacques Kraemer a monté Mademoiselle Julie en 1995 au CDN de Chartres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les récits autobiographiques &quot; Dans la chambre rouge &quot; ( &quot;  Le Fils de la servante &quot;, 1886; &quot; Fermentation &quot;, 1886; &quot; l'Écrivain, &quot; 1909), et &quot; Le Plaidoyer d'un fou &quot; (1892) écrit directement en français. </description>  </item>  </channel> </rss> 