lundi, 14 janvier 2008
"La Petite Catherine de Heilbronn" d'Heinrich VON KLEIST dans une mise en scène de ANDRÉ ENGEL
Avec Bérangère Bonvoisin, Evelyne Didi, Jean-Claude Jay, Jérôme Kircher, Gilles Kneusé, Arnaud Lechien, Anna Mouglalis, Tom Novembre, Julie-Marie Parmentier, Fred Ulysse
texte français : Pierre Deshusses
version scénique : André Engel et Dominique Müller
dramaturgie : Dominique Muller
assistant à la mise en scène : Céline Gaudier
scénographie : Nicky Rieti
lumières : André Diot
costumes : Chantal de la Coste-Messelière
musique originale : Pipo Gomes
maquillages et coiffures : Paillette
Coproduction Odéon-Théâtre de l’Europe, Le Vengeur Masqué
Une histoire impossible. Un défi à la mesure d'André Engel et de certains des comédiens qui le suivent depuis Léonce et Léna, Le Jugement dernier ou Le Roi Lear.
Ces cinq actes-là tiennent un peu de tous les genres : feuilleton amoureux à rebondissements, La Petite Catherine est aussi à certains égards une chronique médiévale, un conte fantastique, un roman policier, une légende de cape et d'épée, un mythe intemporel, un poème mystique, une ballade populaire.
L'intrigue est folle : pourquoi la petite Catherine a-t-elle un jour tout quitté pour suivre comme une somnambule le Comte von Strahl ? Comment la fille d'un simple armurier peut-elle prétendre épouser un aussi noble chevalier ? Et pourtant cela doit être. Mais pour que l'homme et la femme, ces deux pièces d'un puzzle onirique, puissent se rejoindre, c'est tout un monde qui devra être traversé. Et qui le sera - comme s'il n'en fallait pas moins pour réinventer Ève et Adam.
La Petite Catherine de Heilbronn ou "L’épreuve du feu" : pourquoi Heinrich von Kleist a-t-il donné à sa pièce ce sous-titre un peu énigmatique ? Pourquoi est-il obsédé par le jugement de Dieu, qui apparaît en plusieurs endroits de son oeuvre (et tout particulièrement dans Le Duel, une nouvelle où le motif est porté à une sorte de point de perfection) ? Sans doute parce que l’ordalie est le signe visible de l’intervention de l’absolu dans les affaires d’ici-bas. Une folie, mais aussi un transcendant trait de foudre qui déchire souverainement la finitude du monde kantien – ce monde déserté de Dieu et de toute certitude dont la découverte désespéra quelque temps le jeune Kleist. Un monde qui, selon lui, a pour loi première le conflit. Dans la plupart de ses nouvelles et de ses drames, la guerre fait partie du cours naturel des choses : dans La Petite Catherine comme dans Le Prince de Hombourg, La Bataille d’Hermann, Penthésilée, Michael Kohlhaas ou Le Duel (entre autres), la justice des hommes, au même titre que leurs autres désirs, se fraie passionnément un chemin dans le sang. C’est au sein de ce monde convulsé que l’épreuve du feu intervient, révélant une vérité impensable mais dont le réel, dans sa banalité et sa brutalité quotidiennes, devra pourtant s’accommoder.
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dimanche, 14 octobre 2007
Peer Gynt d'Ibsen dans une mise en scène de Peter Zadek à Budapest
Pour la première fois le théâtre mythique de Bertold Brecht, le Berliner Ensemble, vient en Hongrie !
Cette année, le BÖF offre une grande variété de pièces de théâtre avec dix spectacles en huit jours, dont quatre sont des premières. Le programme est dominé par deux troupes étrangères à la réputation brillante et par la représentation de drames d'auteurs contemporains hongrois en collaboration avec des théâtres de la capitale. Sans aucun doute le clou de cette année, c'est la venue à Budapest d'un invité prestigieux : le Berliner Ensemble, qui présente la pièce classique d'Ibsen, Peer Gynt dans la mise en scène de Peter Zadek.
Une personnalité qui a considérablement influencé la pensée théâtrale
Le metteur en scène, qui a dépassé les quatre-vingts ans, a été une "tête brûlée" de la vie théâtrale allemande des années soixante-dix et quatre-vingt. Une assistance d'enthousiastes et de fanatiques suivait ses spectacles à Bochum et à Hambourg. Depuis cette époque, son style, toujours caractérisé par la passion, basé sur des effets scéniques extrêmement forts et sur des idées provocantes, remporte un succès absolu. Il met en scène les grands classiques en dépassant les conventions traditionnelles de l'interprétation.
Passion, provocation, effets troublants (photo de BÖF)
La création actuelle, Peer Gynt d'Ibsen, date de 2004 et a reçu un accueil chaleureux tant de la part des professionnels que du public à Berlin et dans des festivals réputés comme Vienne ou Edimbourg. La vision de Peter Zadek nous montre le phénomène complexe et contradictoire qui unit l'éphémère et l'accomplissement de la vie humaine. Contrairement aux interprétations habituelles, il nous suggère que "pendant que la vie s'enfuit, elle s'accomplit et se remplit d'expériences et d'émotions", ainsi que le proclame une des critiques inspirées par le spectacle. La pièce est représentée deux fois au cours du festival, au Théâtre Madách les 17 et 18 octobre à 19h, en allemand avec des sous-titres hongrois. Ne ratez cet extraordinaire spectacle sous aucun prétexte!
A.IVAN
BÖF
1073, Bp, Erzsébet krt. 29-33
Tél : 478 2041, www.madachszinhaz.hu
Source : www.lepetitjournal.com - Budapest.
09:10 Publié dans 1. Pièces à l'affiche | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 30 septembre 2007
L'AUTRE de Florian ZELLER
Florian ZELLER présente ainsi sa pièce : « Oscar Wilde disait que le couple, c'est ne faire qu'un. Oui, mais lequel ? Et si c'était encore un autre ? Dans une oscillation permanente entre le rire et le drame, L'Autre raconte comment l'amour se brise sur la vie quotidienne. Faut-il, pour vivre ensemble à jamais, ne jamais vivre ensemble ? Une triangulaire entre Lui (Stanislas Merhar), Elle (Sara Forestier) et L'Autre (Aurélien Wiik).
Contrairement à l’écriture, le théâtre ne s’arrête pas au moment où l’on écrit la pièce. L'Autre est la première pièce que j'ai écrite. Il me sembalit qu'elle n'avait pas dit, dans sa première version, tout ce qu'elle avait à dire, et que la particularité du théâtre est justement d'avoir plusieurs vies, de pouvoir exister sous différentes formes et de ne pas se résoudre à sa propre extinction. Aussi ai-je tout de suite eu l'espoir de la remonter un jour. L'occasion m'en est offerte aujourd'hui, grâce à l'enthousiasme de certains acteurs et à la confiance d'un directeur de théâtre. Il était important pour moi d'avancer avec des artistes de ma génération, de proposer ensemble un spectacle qui nous ressemble et d'aller trouver dans la vingtaine une énergie et une sauvagerie qui nous permettent de raconter la façon dont on aime à cet âge-là."
La biographie de Florian Zeller :
Jeune professeur de littérature à Sciences-po, Florian Zeller est également écrivain. Il publie à 22 ans son premier roman, "Neiges artificielles", qui reçoit le prix de la fondation Hachette. Il est également l'auteur des "Amants du n'importe quoi", "La Fascination du pire" qui lui vaut l'attribution du prix Interallié en 2004. Il écrit deux pièces "L' Autre", mise en scène au théâtre des Mathurins par Annick Blancheteau et "Le Manège", de Nicolas Briançon avec Marine Delterme et Nicolas Vaude au Petit Montparnasse. En 2006, il publie "Julien Parme" tandis que sa pièce de théâtre "Si tu mourrais" obtient un vrai succès auprès du public et des critiques.
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samedi, 29 septembre 2007
"Van Gogh à Londres", une jeunesse anglaise au Théâtre de l'Atelier
Le Théâtre de l'Atelier à Paris a ouvert sa saison avec "Van Gogh à Londres" du Britannique Nicolas Wright, une fiction sur la jeunesse anglaise de celui qui n'est encore que Vincent, jeune homme de 20 ans arrivant de sa Hollande natale, à mille lieues de son futur destin exceptionnel.
Lire la critique d'Alexandra FRESSE sur le site RUE du THEATRE.
Vincent Van Gogh, vendeur à La Haye pour une filiale de Goupi et Cie de Paris, une des galeries les plus illustres d'Europe spécialisée dans les reproductions d'estampes, est muté à Londres où il séjournera de 1873 à 1876.
A partir également des lettres que Vincent a écrites à son frère Théo et leur "silence" sur ses expériences, le dramaturge a bâti un "mensonge" sur un jeune homme qui "piaffe et se consume d'une double ambition: ouvrir les yeux et les bras au monde et essayer de s'y retrouver".
En quatre saisons étalées entre l'arrivée et le départ de Londres de Vincent, et une unité de lieu, la cuisine d'une maison de Brixton où le jeune Van Gogh loue une chambre, Hélène Vincent signe une mise en scène où se confrontent deux cultures: bourgeoise et calviniste pour Vincent, populaire et athée pour la famille anglaise qui l'accueille.
"Van Gogh à Londres" raconte aussi l'histoire de quatre jeunes de 20 ans -outre Vincent, il y a la fille de la logeuse, son amoureux Sam et la soeur de Vincent, Anna- remplis d'énergie, d'appétit de vivre, rattrapés plus tard par le destin.
Au milieu de leur maelström trône Ursula, la logeuse, veuve depuis 15 ans, femme libre qui revivra une seconde jeunesse éphémère grâce à Vincent.
Quant au jeune Van Gogh, arrivé en costume avec un chemin semblant tracé d'avance, il repart presque clochard et plus mystique que jamais. Mais toujours pas peintre. A peine a-t-il commencé à faire des esquisses, loin d'être abouties.
L'adaptation de Jean-Marie Besset met en avant des dialogues percutants et parfois drôles. "Pour apprécier la peinture anglaise, il faut du temps", raconte ainsi le jeune Van Gogh à sa logeuse. Dans le rôle d'Ursula justement, Josiane Stoleru apporte fragilité et force, passant d'un rôle de "mère" à celui d'amante avec conviction.
Guillaume Marquet, dans le rôle de Vincent, métamorphose physiquement son personnage d'un être à la fois "innocent et impitoyable", dit Ursula au début de la pièce, en un jeune homme en proie plus tard à la "colère et la confusion". Dommage cependant que l'accent hollandais très prononcé du héros gène, surtout au début, la compréhension d'un texte riche.
PARIS, 29 sept 2007 (AFP)
© La Scène © Agence France-Presse
18:50 Publié dans 1. Pièces à l'affiche | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 24 juin 2007
Les Festivals de Théâtre de l'été 2007...
EN JUIN 2007...
A Alloue, en Charentes, les 8èmes rencontres d’été à la maison Maria Casarès, du 28 Juin au 8 Juillet 2007. A signaler le samedi 30 Juin à 21h30 trois pièces d'Anton Tchékhov, "La demande en mariage", Le tragédien malgré lui" et "L’Ours" par le Théâtre d’Evreux Louviers – Scène nationale, dans une mise en scène de Patrick Pineau.
A Angers, du 11 juin au 6 juillet 2007, Le Festival d’Anjou…
A signaler le mercredi 20 juin, "La Cerisaie" d'Anton Tchékhov, dans une mise en scène de Jean-Louis Martin-Barbaz, une coproduction du Festival d'Anjou, au château du Plessis-Macé.
A Châlons-en-Champagne, du 1er au 9 juin 2007, le Festival Furies…
Ce Festival redonne vie aux Théâtres gallo-romains de Fourvière. A l'affiche, notamment, LE CID, de Pierre Corneille, dans une nouvelle mise en scène d’Alain Ollivier, avec : John Arnold, Thibaut Corrion, Fabrice Farchi, Philippe Girard, Matthieu Marie, Mallik Rumeau, Claire Sermonne, Bruno Sermonne, Irina Solano, Myriam Tadessé, Stéphane Valensi, du 13 au 27 juin 2007 (photo). Le quatrième centenaire de la naissance de Corneille, célébré l’an dernier, est passé inaperçu. Dans la France du XXIème siècle commençant, Corneille ne ferait-il plus recette ? N’en doutons pas, tout Fourvière, aura, pour Rodrigue, les yeux de Chimène. Cette création sera reprise au Théâtre Gérard Philippe de Saint Denis à l'automne 2007.
A Marseille, Max Black de Heiner Goebbels avec André Wilms, les 4 & 5 juillet au Grand Studio du Ballet National de Marseille à 21 h , dans le cadre du Festival programmé du 19 juin au 13 juillet.
A Paris, du 12 juin au 8 juillet 2007, Les scènes d’été du 13...
Et le salon du théâtre et de l'édition théâtrale à la Foire Saint-Germain 2007, qui va fêter son 30e anniversaire.
A Versailles, en juin, Le mois Molière…
Dès le règne de Louis XIV, une vie théâtrale s’est organisée à Versailles et s'est perpétuée jusqu'à nos jours. Fer de lance de cet engouement pour le spectacle vivant, le Mois Molière est, depuis 8 ans, un festival de référence en matière de théâtre et musique. Une centaine de représentations dans les lieux les plus prestigieux et insolites de la ville, et notamment au Théâtre Montansier. Ce théâtre, né en 1777 à l'initiative de Marguerite BRUNET, dite "de MONTANSIER", fut inauguré en présence de Louis XVI et de Marie-Antoinette. Il doit son architecture à HEURTIER et ses peintures à BOCQUET.
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lundi, 27 mars 2006
"L'enfant rêve", de Hanokh Levin, dans une mise en scène de Stéphane BRAUNSCHWEIG
avec Sharif Andoura, Jean-Pierre Bagot, Cécile Coustillac, Gilles David, Denis Eyriey, Antoine Mathieu, Thierry Paret, Hélène Schwaller, Stéphane Szestak, Anne-Laure Tondu, Jean-Baptiste Verquin, et en alternance les enfants Hippolyte Djian, Yann Kohler et Emilien Thierry.au Théâtre National de Strasbourg, du 21 mars au 13 avril 2006, puis au Théâtre de la Colline à Paris, du 25 avril au 20 mai, et à Mulhouse du 31 mai au 2 juin. Durée : 1 h 20.
« La pièce s’ouvre sur l’image tranquille d’un enfant qui dort. Autour de son lit, ses parents se réjouissent qu’il se soit enfin endormi, presque heureux qu’il repose là comme un mort. En une image simple, Levin a posé l’existence de tout enfant dans ce qu’elle suscite d’angoisse irréductible. Et voilà que surgit dans la chambre silencieuse le monde extérieur fait de bruit et de fureur, évoquant aussitôt rafles et pogroms. À la violence absurde du monde, Levin oppose une ironie à la fois noire, cinglante et stimulante », Stéphane Braunschweig.
La guerre entraîne le petit garçon et sa mère dans la fuite et l’exode. À toutes les étapes, ces questions : comment survivre, pourquoi ? à quel prix ? Mais pour aborder ces thèmes tragiques, le dramaturge israélien Hanokh Levin, disparu prématurément en 1999, ne se refuse ni l’humour le plus grinçant ni la fantaisie. Des scènes presque comiques cohabitent avec des fragments reconnaissables de l’histoire du XXe siècle, comme en un kaléidoscope terrifiant. S’agit-il du monde ou d’un cauchemar du monde ? Pour Stéphane Braunschweig, cette pièce étrange et puissante oscille entre l’onirisme et une lucidité impitoyable. Entouré de la troupe du TNS, à laquelle se joignent plusieurs jeunes acteurs tout juste sortis de l’École, il s’engage, une nouvelle fois après L’Exaltation du labyrinthe d’Olivier Py, dans la création d’un texte contemporain.Le regard de la traductrice Laurence Sendrowicz sur la pièce : "Hanokh Levin signe là une de ses pièces les plus importantes et les plus désespérées. A travers le destin d'une mère et d'un enfant, c'est tout notre siècle, dans ce qu'il a d'horrible, d'inhumain et d'absurde, qui envahit la scène." L'écriture - à la fois directe, cruelle et d'une grande poésie - les phrases coupées, qui ordonnent les mots dans une sorte de long psaume, confèrent à la pièce une dimension universelle, mais chaque réplique touche en même temps aux émotions essentielles de chacun de nous.
Hanokh Levin, est un des principaux dramaturges israélien, né à Tel Aviv en 1943 de parents d'origine polonaise. Il étudie la philosophie et la littérature à l'université de Tel Aviv, et commence sa carrière littéraire en écrivant de la poésie, puis des nouvelles, des pièces et cabarets satiriques, des tragédies et des comédies. Il attire une attention publique significative en 1968 avec son spectacle de cabaret «Toi, moi, et la prochaine guerre». Son œuvre théâtrale comprend une cinquantaine de pièces, dont 33 ont été montées de son vivant. Il en a souvent assuré lui-même la mise en scène, au rythme d’une création par an de 1968 à 1999, année de sa mort.
Le statut de Levin en tant que grand satiriste du théâtre israélien demeure incontesté. Il a servi d'auteur dramatique résident au théâtre Cameri à Tel Aviv. Il a aussi bien travaillé avec la Habima, le théâtre national d'Israël. Il a reçu de nombreuses récompenses théâtrales en Israël et à l'étranger (le festival d'Edimbourg) et ses pièces ont été mises en scène dans les festivals autour du monde.
Auteur engagé à la perspicacité peu commune, Hanokh Levin a puisé dans les grands mythes universels pour dénoncer la folie des hommes. Il a marqué le théâtre contemporain par des textes saisissants, faits de provocation, de poésie, de quotidien, d'humour et de tendresse pour le genre humain. Son œuvre est rarement politique, et ses pièces traitent uniformément de la tristesse de la vie et de le bassesse de l'humanité. Il a été comparé à Jonathan Swift pour ces aspects de son œuvre, aussi bien que pour son humeur tranchante dans le dévoilement de la grossièreté humaine. L'humiliation inhérente à la physionomie humain est un thème constant, et aucun des caractères de Levin - oppresseurs ou opprimés - n'est épargné. Le concept du bonheur est absurde dans sa vue du monde, où la nature humaine est déterminée par les besoins physiologiques sans visibilité. Dans toutes les pièces de Levin, qu'ils soient grotesques ou ancrés dans la réalité, ou des drames mythiques passés à Babylone ou à Troie, il laisse invariablement le public faire face au même paradoxe embarrassant: l'absurdité essentielle de l'existence humaine.
Son interrogation sur la finalité d'une existence vouée à l'échec est bouleversante dans "L'enfant rêve", où il décrit le drame de l'exil et le déchirement des liens qui s'en suit : de l'image idyllique d'un père et d'une mère sur le berceau de leur enfant, surgissent l'horreur et la cruauté.
Le Théâtre National de Strasbourg et l’Université Marc Bloch organisent, à l’occasion de la création de L’Enfant rêve, un colloque autour des dramaturgies contemporaines d’Israël intitulé « Les nouvelles écritures dramatiques d’Israël » qui se déroule du 28 au 30 mars 2006. Des universitaires israéliens et français ainsi que des comédien(ne)s et metteur(e)s en scène ayant travaillé sur ces œuvres seront invités à faire se croiser les interrogations de la recherche universitaire avec des choix d’écriture et de mise en scène. Les trois journées comporteront communications, tables rondes et lectures par des comédiens.
Ce colloque se déroule à l'Université Marc Bloch, salle Hubert Gignoux, le mardi 28 mars de 14 h à 18 h, et les mercredi 29 et jeudi 30 mars de 10 h à 18 h. En ouverture du colloque, les comédiens de la troupe du TNS liront "Les Souffrances de Job", de Hanokh Levin, texte français traduit de l’hébreu par Jacqueline Carnaud et Laurence Sendrowicz, lecture dirigée par Leslie Six, assistante à la mise en scène sur “L’Enfant rêve”, Entrée libre – Réservation recommandée par téléphone au 03 88 24 88 00. Renseignements par courriel.
Un dossier relatif à cette pièce "L'enfant rêve" est disponible en ligne sur le site theatre-contemporain.net.
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vendredi, 10 mars 2006
"Automne et hiver", de Lars Noren, dans une mise en scène de Pierre Maillet et Mélanie Leray, au Théâtre de la Bastille à Paris
Avec Mélanie Leray, David Jeanne Comello, Catherine Riaux et Valérie Schwarcz (de gauche à droite), photo de Jean-Julien Kraemer. Durée de la pièce : 1 h 45.
Le Théâtre de la Bastille, 76, rue de la Roquette, Paris-11e, métro Bastille. Du mardi au samedi à 21 heures et le dimanche à 17 heures, jusqu'au 26 mars; puis du mardi au dimanche à 19 heures du 28 mars au 7 avril. De 12,50 € à 19 €. Réservation par courriel.
16:55 Publié dans 1. Pièces à l'affiche | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : théâtre
mercredi, 08 mars 2006
« Pygmalion »
Une pièce écrite par George-Bernard Shaw, dans une mise en scène Nicolas Briançon, avec Barbara Schulz, Nicolas Vaude, Danièle Lebrun et Henri Courseaux à partir du 28 janvier 2006 au Théâtre Comédia, 4, boulevard de Strasbourg, 75010 Paris.
Vous pouvez lire une présentation de cette pièce écrite par le metteur en scène Nicolas Briançon sur le site Theatre.online.com .
Une vidéo sur le site de France 3.
Barbara Schulz déroule une carrière au théâtre, à la télévision et au cinéma. Cette pièce est sa septième représentation théâtrale, après...
1994 : « Les sorcières de Salem », d’Arthur Miller, mise en scène Thomas Le Douarec, avec Marie-Christine Laurent.
1996 : « Le bourgeois gentilhomme » de Molière, avec Catherine Jacob, mise en scène de Jérôme Savary au Théâtre National de Chaillot.
1997 : « Dommage qu'elle soit une putain », de John Ford, mise en scène de Jérôme Savary.
1999 : « Les portes du ciel » de Jacques Attali, avec Gérard Depardieu et Jean-Marie Winling, mise en scène de Stéphane Hillel.
2000 : « Joyeuses Pâques » de Jean Poiret, avec Pierre Arditi, Caroline Sihol, mise en scène de Bernard Murat (elle a reçu pour cette pièce le Molière de la révélation féminine).
2003 : « Antigone » de Jean Anouilh, avec Robert Hossein, mise en scène par Nicolas Briançon.

23:15 Publié dans 1. Pièces à l'affiche | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Arts et culture
Emilie Dequenne, dans "Mademoiselle Julie", d'August Strindberg

Emilie Dequenne interprète du 16 février au 2 avril 2006 le rôle-titre de "Mademoiselle Julie", d'August Strindberg, dans une adaptation et mise en scène de Didier LONG, avec Bruno Wolkowitch et Christine Citti pour partenaires (christine_citti.pdf).Décor : Jean-Michel ADAM
Lumières : Gaëlle DE MALGLAIVE
Costumes : Jean-Daniel VUILLERMOZ
Musiques : François PEYRONY
Cette représentation se déroule dans la petite salle Elvire Popesco du Théâtre Marigny, du mardi au samedi à 21 h, et le dimanche à 16 h. Les tarifs sont de 40 € et 30 €, et 15 € pour les étudiants (sauf le samedi). Location et réservation au 01.53.96.70.20.
Mademoiselle Julie, écrite en 1888, est une très belle pièce, emblématique de ce tournant du siècle qui, après la flambée romantique, s’ouvre par d’incessantes remises en question aux nouvelles formes d’art et de pensée à l’origine des avant-garde du XX° siècle.
Quelques pistes pour étudier Mademoiselle Julie, par Anne-Marie BONNABEL, Professeur agrégé de Lettres Modernes chargée de l’enseignement du théâtre au Lycée Thiers de Marseille :
L’intrigue de Mademoiselle Julie se résume en quelques mots. La nuit de la Saint Jean, Julie, jeune fille de vieille noblesse terrienne, s’abandonne à ses désirs sensuels dans les bras du valet de son père, Jean. Au matin, une fois dissipés les sortilèges de cette nuit d’exaltation, effarée par son acte, elle se tue avec le rasoir que son amant lui met dans les mains. Un autre personnage, Christine, la cuisinière fiancée à Jean, assiste, pleine de réprobation, aux débordements de sa maîtresse. Mademoiselle Julie et le domestique de son père se jouent de la démarcation entre rêves et réalité pour descendre dans les enfers de la séduction...
On peut envisager la lecture de l’œuvre intégrale - la pièce est courte- ou d’un extrait, dans le cadre d’un groupement de textes sur maître et valet ou sur la relation amoureuse tragique, au croisement des objets d’étude Théâtre, Texte et Représentation et Mouvement Esthétique et Culturel : le Naturalisme.
1°) Dans Mademoiselle Julie la relation maître-valet s’apparente-t-elle à une guerre des classes ou à une guerre des sexes ou encore à une lutte des cerveaux ?
Jean et Julie sont emblématiques de leur classe sociale, Jean rêve de s’élever ; intelligent, formé au contact de ses maîtres, il représente la classe montante, laborieuse, entreprenante, quand Julie a le sentiment d’être le rejeton d’une fin de race. La distance sociale qui les sépare sous-tend en permanence leurs rapports. (Voir tout particulièrement le passage où ils se racontent leur rêve et où Jean évoque l’épisode de son enfance où il a aperçu depuis un fossé rempli de déjections la petite Julie en robe blanche sur sa terrasse.)
Il est également intéressant d’analyser comment Jean croit un instant s’élever socialement en devenant l’amant de la fille du Comte et retrouve son comportement d’ " esclave "au seul bruit de la sonnette par lequel M le Comte le rappelle à son service.
Tout aussi intéressant de se demander pourquoi Julie se complaît dans la cuisine en compagnie de ses domestiques. Le texte délivre peu à peu tous les indices qui permettent de comprendre les motivations secrètes de ces personnages à facettes multiples.
Dialogue ou match de boxe, chacun à son tour est maître du jeu. Qui l’emportera ? Le plus fort, Jean, parce qu’il est l’homme, parce qu’il appartient à la classe qui monte, parce qu’il est psychiquement supérieur à sa compagne. La guerre des cerveaux va jusqu’au meurtre psychique puis au meurtre réel, Julie sortant se suicider en état quasi-hypnotique.
2°) Entre tragédie et drame ?
Dramaturgie difficile à définir. Psychodrame ? Vaudeville social ? Drame domestique ? La fable est anecdotique, le sujet trivial et cependant une force quasi primitive s’engouffre dans la pièce pour l’élever au rang de tragédie. On peut rechercher tous les éléments épars dans le texte qui amènent Julie au statut d’héroïne tragique et de victime sacrificielle.
Par ailleurs la concentration extrême du drame qui se déroule presque en temps réel et le décor unique renvoient aux règles de composition tragique.
Strindberg lui-même parle de " tragédie naturaliste. "
3°) Mademoiselle Julie entre naturalisme et symbolisme:
L’ancrage social, la trivialité du dialogue qui a beaucoup choqué ( il est question des règles de Julie et d’une potion abortive pour sa chienne, Jean et Julie s’injurient avec une rare violence) le choix de la cuisine comme lieu de l’action, autant d’éléments qui placent Mademoiselle Julie du côté du naturalisme.
Cependant: l’importance de la lumière et de ses variations, l’omniprésence de la religion, la portée cosmique de cette nuit de la Saint Jean, la purification par l’eau, le meurtre de l’oiseau traversent la pièce comme autant de symboles et lui donnent une dimension qui transcende le quotidien mis en scène. ….
On a longtemps cloisonné l’œuvre dramatique de Strindberg en différentes périodes, la période naturaliste, celle de Mademoiselle Julie, la période symboliste, mystique, le théâtre de chambre…. La critique actuelle tend à montrer qu’en dépit des différences formelles, les éléments symbolistes sont à l’oeuvre dans les drames naturalistes, que toute l’œuvre à venir est déjà contenue dans Mademoiselle Julie.
La réception des œuvres de Strindberg en France illustre bien cette double appartenance puisqu’il sera monté par Antoine, metteur en scène naturaliste, en 1893 et presque simultanément par le Théâtre de l’Oeuvre de Lugné-Poe qui se réclame de l’esthétique symboliste.
Les relations Strindberg-Zola nous éclairent également à ce sujet. On y voit l’insistance de Strindberg à demander son soutien à Zola, le maître incontesté, et les réticences de ce dernier à adhérer pleinement à une dramaturgie dont il sent la force mais à laquelle il reproche le manque d’une certaine épaisseur naturaliste, notamment l’absence d’une carte d’identité circonstanciée des personnages.
Dans le cadre de texte et représentation, on pourra envisager des recherches sur le théâtre naturaliste en France, à partir bien sûr du texte de Zola, Le Naturalisme au Théâtre, mais aussi à partir de textes d’Antoine, cf bibliographie.
Si Strindberg lui-même n’adhéra jamais aux thèses scientistes du naturalisme et employa pour parler de son oeuvre le terme de " supranaturaliste ", c’est qu’il refusa avant tout le statut d’expérimentateur, de greffier, de savant que Zola revendiquait pour l’auteur naturaliste. C’est que dans les personnages de Jean, de Julie et de tant d’autres, c’est Strindberg qui se glisse et parle de lui.
4°) Mademoiselle Julie et la dramaturgie du moi:
Kafka (dans Conversations avec Kafka de Gustav Janouch ) écrit : " Là où le théâtre devient le plus fort, c’est quand il rend réelles des choses irréelles. Le plateau devient alors un périscope de l’âme, il éclaire la réalité par l’intérieur "
On peut dans le cadre d’un travail sur l’autobiographie se référer aux récits de Strindberg qui sont le plus souvent des autobiographies à la troisième personne, et les rapprocher de la pièce. Le héros des textes autobiographiques s’appelle Jean. De là à conclure que le Jean de Mademoiselle Julie c’est Srindberg ! D’autres éléments, notamment le rapport à la mère, amènent à penser que Strindberg est tout autant Julie.
Plus intéressant que ces aspects biographiques à proprement parler, c’est la manière dont l’écriture dramatique est modelée par ce que Sarrazac appelle la dramaturgie du moi, qui se révèle particulièrement novatrice.
5°) La nouveauté de l’écriture dramaturgique, les personnages, le dialogue:
Il faut se reporter à la Préface de Mademoiselle Julie. Strindberg y donne toutes les clefs concernant ses personnages qui ne sont plus des caractères, mais " des conglomérats de civilisations passées et actuelles, de bouts de livres […] de morceaux d’hommes,[…] tout comme l’âme elle –même est un assemblage de pièces de toutes sortes. ";
" En ce qui concerne le dialogue, j’ai quelque peu enfreint les traditions […] j’ai laissé les cerveaux travailler d’une façon irrégulière comme ils le font vraiment dans la conversation.. "…
6°) Mademoiselle Julie, aspects de la représentation:
On peut étudier dans Mademoiselle Julie des éléments non verbaux et néanmoins fondamentaux dans l’action, comme les objets, notamment les bottes du comte, ou les sons, comme la chanson des paysans qui précipite Julie dans les bras de Jean et surtout la sonnette du comte.
On doit s’arrêter sur les didascalies, en particulier les didascalies initiales qui plantent le décor pour mesurer là encore ce que Strindberg doit au naturalisme et comment il s’en détache. A mettre en relation avec la préface où Strindberg explicite ses choix en matière de décor. A mettre en relation aussi avec tout l’effervescence de l’époque autour de la notion naissante de mise en scène. cf bibliographie.
Il existe une mise en scène de Mademoiselle Julie par A Voutsinas, avec Fanny Ardent et Niels Arestrup qui a été retransmise à la télévision. Il existe également un film de Mike Figgis (2000) en DVD et VHS. Adaptation de bonne qualité de la pièce. On peut s’interroger sur ce que le cinéma permet et que le théâtre ne permet pas, en particulier au niveau des décors susceptibles de suggérer un environnement géographique et humain. Le cinéma réalise peut-être les vœux de Zola quand il affirmait que le décor au théâtre remplace la description dans le roman.
Documentation : vous pouvez accéder au dossier de presse de cette représentation, mllejulie-dossierdepresse1.pdf, lire l'interview d'Emilie DEQUENNE publiée par le Figaro Madame, la critique de Marion THEBAUD dans le Figaro, l'analyse du metteur en scène Didier LONG, et une vidéo sur le site de France 3.
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jeudi, 26 janvier 2006
"Vêtir ceux qui sont nus" de Luigi PIRANDELLO
dans une mise en scène deStéphane BRAUNSCHWEIG,
avec Cécile COUSTILLAC, magique...
au Théâtre National de Strasbourg
du 5 au 28 janvier 2006, puis en tournée à l'automne 2006.
Le dossier pédagogique établi par le TNS : vetir_ceux_qui_sont_nus.pdf
Cécile COUSTILLAC jouera ensuite dans la pièce "L'enfant rêve", écrite par le dramaturge israélien Hanokh Levin, également mise en scène par Stéphane Braunschweig, au Théâtre National de Strasbourg du 21 mars au 13 avril 2006, puis au Théâtre National de la Colline à Paris du 25 avril au 20 mai 2006.
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