lundi, 14 janvier 2008

"La Petite Catherine de Heilbronn" d'Heinrich VON KLEIST dans une mise en scène de ANDRÉ ENGEL

Aux Ateliers Berthier du 10 Janvier au 23 Février 2008

Avec Bérangère Bonvoisin, Evelyne Didi, Jean-Claude Jay, Jérôme Kircher, Gilles Kneusé, Arnaud Lechien, Anna Mouglalis, Tom Novembre, Julie-Marie Parmentier, Fred Ulysse

texte français : Pierre Deshusses
version scénique : André Engel et Dominique Müller
dramaturgie : Dominique Muller
assistant à la mise en scène : Céline Gaudier
scénographie : Nicky Rieti
lumières : André Diot
costumes : Chantal de la Coste-Messelière
musique originale : Pipo Gomes
maquillages et coiffures : Paillette

Coproduction Odéon-Théâtre de l’Europe, Le Vengeur Masqué

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Une histoire impossible. Un défi à la mesure d'André Engel et de certains des comédiens qui le suivent depuis Léonce et Léna, Le Jugement dernier ou Le Roi Lear.

Ces cinq actes-là tiennent un peu de tous les genres : feuilleton amoureux à rebondissements, La Petite Catherine est aussi à certains égards une chronique médiévale, un conte fantastique, un roman policier, une légende de cape et d'épée, un mythe intemporel, un poème mystique, une ballade populaire.

L'intrigue est folle : pourquoi la petite Catherine a-t-elle un jour tout quitté pour suivre comme une somnambule le Comte von Strahl ? Comment la fille d'un simple armurier peut-elle prétendre épouser un aussi noble chevalier ? Et pourtant cela doit être. Mais pour que l'homme et la femme, ces deux pièces d'un puzzle onirique, puissent se rejoindre, c'est tout un monde qui devra être traversé. Et qui le sera - comme s'il n'en fallait pas moins pour réinventer Ève et Adam.

La Petite Catherine de Heilbronn ou "L’épreuve du feu" : pourquoi Heinrich von Kleist a-t-il donné à sa pièce ce sous-titre un peu énigmatique ? Pourquoi est-il obsédé par le jugement de Dieu, qui apparaît en plusieurs endroits de son oeuvre (et tout particulièrement dans Le Duel, une nouvelle où le motif est porté à une sorte de point de perfection) ? Sans doute parce que l’ordalie est le signe visible de l’intervention de l’absolu dans les affaires d’ici-bas. Une folie, mais aussi un transcendant trait de foudre qui déchire souverainement la finitude du monde kantien – ce monde déserté de Dieu et de toute certitude dont la découverte désespéra quelque temps le jeune Kleist. Un monde qui, selon lui, a pour loi première le conflit. Dans la plupart de ses nouvelles et de ses drames, la guerre fait partie du cours naturel des choses : dans La Petite Catherine comme dans Le Prince de Hombourg, La Bataille d’Hermann, Penthésilée, Michael Kohlhaas ou Le Duel (entre autres), la justice des hommes, au même titre que leurs autres désirs, se fraie passionnément un chemin dans le sang. C’est au sein de ce monde convulsé que l’épreuve du feu intervient, révélant une vérité impensable mais dont le réel, dans sa banalité et sa brutalité quotidiennes, devra pourtant s’accommoder.

vendredi, 02 novembre 2007

Avatars du « Théâtral » en France sous l’Ancien Régime

Appel à contribution - Oxford, Royaume-Uni et Maison Française - 26 et 27 Juin 2008

Comment pourrait être défini le « Théâtral » hors de la scène sous l’Ancien Régime ? Si l’on se penche sur les significations modernes du mot « Théâtral », trois sens prédominent : ce qui est relatif au théâtre ; ce qui recherche l’effet ; ce qui est exagéré, artificiel, voire enflé. Ces trois différents sens reflètent la manière dont ont évolué la théâtralité et la perception de ce qui est théâtral (ou non), au cours des siècles.

Le but de cette conférence est d’explorer le « Théâtral » en tant que concept interdisciplinaire afin de déterminer non seulement sa présence et ses formes dans la société, spécialement l’aristocratie, mais aussi son influence sur les attitudes et rituels sociaux à une période charnière (c’est-à-dire l’Ancien Régime) – période durant laquelle le « Théâtral » a été pensé par les doctes, puis par les philosophes.

Comment la société se met-elle en scène et se donne-t-elle en spectacle hors de l’enceinte du Théâtre (cf. Ervin Goffman, The Presentation of the Self in Everyday Life) ? Comment peut-on reconstituer la manière dont elle se « compose », se raconte, se donne à voir ou à comprendre (cf. par exemple A. Darnton, Le Grand massacre des chats : attitudes et croyances dans l'ancienne France)?

Le « Théâtral » sera donc appréhendé à partir de ses avatars, de ses formes périphériques, insolites, voire abâtardies, hors de la Scène. Il s’agira d’étudier, non pas la théâtralité de la scène (le jeu du comédien), mais au contraire les formes du « Théâtral » selon les contextes et les lieux dans lesquels il se manifeste de manière ostensible, comme par exemple à la Cour, dans les salons, au cours de festivités royales (cf. J.-M. Apostolidès, Le Roi-machine). D’autres espaces comme la rue, les parcs royaux, les lieux publics, voire l’Église, développent une forme de théâtralité : ainsi des cérémonies royales, des parades, des processions religieuses, des spectacles de cour, des spectacles de rue (bonimenteurs, charlatans, …). Qui peuvent aussi être objets d’étude.

Les propositions de communication devront aborder les spécificités du « Théâtral » dans la vie civile, dans la vie « ordinaire », et plus particulièrement le phénomène de la sociabilité à travers l’idée du « déguisé », de « l’emphase » ou de « l’affectation ». Seront bienvenues les propositions offrant la possibilité d’aborder le concept du « Théâtral » à partir de différentes perspectives : point de vue littéraire, historique, sociologique, et surtout philosophique.

Les « espaces » de réflexion pourraient être:
- La Cour, les salons et l’honnête homme, les espaces privés, les parcs ;
- Les coulisses, les chauffoirs et la salle ;
- La rue, la ville et ses espaces publics.

Ne seront pas exclues les propositions de communication ayant trait aux arts visuels, ou même les études comparées entre la France et un autre pays par exemple.

Les communications pourront être en anglais ou en français et ne devront pas excéder 20 mn.

Les propositions de communication sont à envoyer par e-mail (300 mots maximum) à Mark Bannister (mhbannister@brookes.ac.uk) et Sabine Chaouche (s.chaouche@brookes.ac.uk). Date limite : 18 janvier 2008.

Comité scientifique: Mark Bannister, Sabine Chaouche, Alexis Tadié, Alain Viala, Valérie Worth-Stylianiou.

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Call for papers

Avatars of the “Theatrical” in France
in the early modern period

Oxford, United Kingdom
Maison Française

26-27 June 2008

What meanings can we attach to the term 'theatrical' in an off-stage context in the early modern period? Beyond its primary meaning of 'relating to the theatre', 'theatrical' tends nowadays to be understood as 'striving for dramatic effect', 'artificial' or 'affected', meanings which have evolved progressively over the last few centuries.

The aims of this conference are to explore the theatrical as an interdisciplinary concept, to trace its presence in society, to identify the forms it took and its influence on social manners and social rituals in a key period when first the doctes and then the philosophes turned their attention to it. How did society, and especially the aristocracy, become a spectacle in its own right both inside and outside the theatre (cf. Ervin Goffman, The Presentation of the Self in Everyday Life)? In what ways did society present or recount itself (cf. for instance A. Darnton, The Great Cat Massacre)?

Rather than on the theatricality of the theatre itself (acting by actors), the focus will be on the ways in which the theatrical manifested itself in relation to contexts and spaces such as the Court, the salons or public and quasi-public royal festivities (cf. Apostolidès, Le Roi machine). Spaces such as streets, public areas, royal parks, even the Church, allow an analysis of the kinds of theatricality that developed within them royal ceremonies, religious processions, parades, street entertainments, charlatans.

Proposals are invited for papers exploring the theatrical from various viewpoints (literary, historical, sociological and philosophical), examining the specificities of the theatrical in civic life and considering the manifestations of sociability in relation to concepts such as 'disguise', 'exaggeration' and 'affectation'. Suggested loci include:
The Court, the salons and the honnête homme, private spaces
The wings and the auditorium in the theatre
The street, the city and its public spaces

Proposals on the representation of the theatrical in the visual arts will be welcome, as will comparative studies between France and another country.

Papers may be in either French or English and should not exceed 20 minutes. Please send proposals by email (no more than 300 words) to both Mark Bannister (mhbannister@brookes.ac.uk) and Sabine Chaouche (s.chaouche@brookes.ac.uk) by 18th January 2008.

Comité scientifique : Mark Bannister, Sabine Chaouche, Alexis Tadié, Alain Viala, Valerie Worth-Stylianou

dimanche, 14 octobre 2007

Peer Gynt d'Ibsen dans une mise en scène de Peter Zadek à Budapest

Les 17 et 18 octobre 2007 à 19h au Théâtre Madách à Budapest.

Pour la première fois le théâtre mythique de Bertold Brecht, le Berliner Ensemble, vient en Hongrie !

Cette année, le BÖF offre une grande variété de pièces de théâtre avec dix spectacles en huit jours, dont quatre sont des premières. Le programme est dominé par deux troupes étrangères à la réputation brillante et par la représentation de drames d'auteurs contemporains hongrois en collaboration avec des théâtres de la capitale. Sans aucun doute le clou de cette année, c'est la venue à Budapest d'un invité prestigieux : le Berliner Ensemble, qui présente la pièce classique d'Ibsen, Peer Gynt dans la mise en scène de Peter Zadek.

Une personnalité qui a considérablement influencé la pensée théâtrale

Le metteur en scène, qui a dépassé les quatre-vingts ans, a été une "tête brûlée" de la vie théâtrale allemande des années soixante-dix et quatre-vingt. Une assistance d'enthousiastes et de fanatiques suivait ses spectacles à Bochum et à Hambourg. Depuis cette époque, son style, toujours caractérisé par la passion, basé sur des effets scéniques extrêmement forts et sur des idées provocantes, remporte un succès absolu. Il met en scène les grands classiques en dépassant les conventions traditionnelles de l'interprétation.

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Passion, provocation, effets troublants (photo de BÖF)

La création actuelle, Peer Gynt d'Ibsen, date de 2004 et a reçu un accueil chaleureux tant de la part des professionnels que du public à Berlin et dans des festivals réputés comme Vienne ou Edimbourg. La vision de Peter Zadek nous montre le phénomène complexe et contradictoire qui unit l'éphémère et l'accomplissement de la vie humaine. Contrairement aux interprétations habituelles, il nous suggère que "pendant que la vie s'enfuit, elle s'accomplit et se remplit d'expériences et d'émotions", ainsi que le proclame une des critiques inspirées par le spectacle. La pièce est représentée deux fois au cours du festival, au Théâtre Madách les 17 et 18 octobre à 19h, en allemand avec des sous-titres hongrois. Ne ratez cet extraordinaire spectacle sous aucun prétexte!

A.IVAN

BÖF
1073, Bp, Erzsébet krt. 29-33
Tél : 478 2041, www.madachszinhaz.hu

Source : www.lepetitjournal.com - Budapest.